Association des sociologues enseignant-e-s du supérieur (ASES)
Pratiquer et déployer la sociologie

L’Association des sociologues enseignant-e-s du supérieur (ASES) est une association française créée en 1989, à l’initiative de deux sociologues français, Catherine Paradeise et Pierre Tripier, afin d’assurer "la défense et la promotion de la sociologie dans l’enseignement supérieur". Ses statuts, votés par l’assemblée générale constitutive du 11 janvier 1989, ont été déclarés le 26 mai 1989.

Nous écrire Contact

Candidatures et professions de foi pour l’élargissement du CA - AG du 13 octobre 2012
Article mis en ligne le 19 septembre 2012
dernière modification le 12 octobre 2012

par Fanny Jedlicki
Imprimer logo imprimer

Professions de foi des candidat-e-s au CA de l’ASES

Voici les candidatures et professions de foi qui nous ont été adressées.


Ulrike Schuerkens, sociologue et ethnologue, docteur de l’EHESS en sociologie et docteur de l’EHESS en anthropologie sociale et ethnologie ; habilitée à diriger des recherches de l’Université Paris V ; professeure invitée à l’Université Humboldt à Berlin (Allemagne), aux universités Paris 1 et Paris V ; depuis 2003, directrice des masters dans la formation de master Étude comparative du développement de l’EHESS ; directrice des thèses dans la formation doctorale Territoires, Sociétés, Développement de l’ÉHÉSS ; Ulrike Schuerkens assure des cours à l’EHESS sur la thématique du développement entre mondialisation et vécu social local ; de nombreuses publications en français, anglais et allemand.

Je suis candidate au Conseil d’administration de l’ASES car je souhaiterais contribuer à son fonctionnement et dans son action face aux changements institutionnels qui touchent la sociologie, en particulier, en créant des liens avec d’autres communautés universitaires qui peuvent être confrontées à des situations similaires. Par exemple, voici un lien vers un blog de l’Association Internationale Sociologique (AIS) où plusieurs vidéo-présentations de communautés scientifiques nationales peuvent être consultées : http://www.isa-sociology.org/universities-in-crisis/

Il me semble que ces contacts peuvent nous permettre de situer notre pratique universitaire française à un niveau mondial que nos étudiant(e)s pratiquent déjà plus que nous. Ces liens peuvent alors être utiles pour comparer et analyser nos situations universitaires respectives avec des situations dans d’autres pays. En ce sens, je souhaite participer à la réflexion collective sur l’exercice de notre métier d’enseignant-chercheur en sociologie.

Judit Vari (36 ans).
Docteure de l’EHESS et sociologue de l’éducation, je viens d’être recrutée en tant que MCF en Sciences de l’Education à l’IUT d’Evreux, au département Carrières Sociales. Ayant connu les aléas de parcours d’un jeune enseignant-chercheur (après avoir été chargée de cours, ATER à l’IUT du Havre puis post-doctorante), j’aimerais aujourd’hui m’investir durablement dans l’ASES, sur laquelle je me suis appuyée durant les épreuves de recrutement comme relais informatif et de soutien.
Il me semble particulièrement essentiel aujourd’hui de se mobiliser au sein d’un collectif pour penser ensemble les modalités et les conditions de recherche et d’enseignement qui demeurent fragilisées et continuellement menacées. Les initiatives et travaux déjà mis en œuvre par l’ASES contribuent pour les jeunes chercheurs en situation de précarité à plus de clarté et de transparence, et auxquels je souhaiterais donner mon appui. Aussi, de par mon nouveau statut de MCF, j’aimerais plus particulièrement collaborer au sein de l’ASES à la réflexion de la pratique de l’enseignement sociologique « hors les murs » et les méthodes pédagogiques employées dans l’enseignement supérieur.

Sandrine Garcia, Maître de conférences en sociologie à l’université Paris-Dauphine, HDR sur les questions d’expertise et de biologisation du social, enseignements en L3 et en master, recherches passées sur le processus de Bologne, direction de thèse sur les questions de construction sociale du handicap, recherches en cours sur les prescriptions de normes en matière de parentalité et de pratiques pédagogiques.

Je souhaite intégrer le CA de l’ASES pour m’intégrer dans un travail collectif concernant l’évolution des conditions de travail des enseignants chercheurs, en particulier dans le contexte des réformes récentes.
Ce travail a déjà été entrepris par l’ASES, je souhaite le poursuivre et en particulier, conduire une enquête précise sur ces évolutions qui produisent sans doute des effets contradictoires. Il me semble que la période est venue pour pouvoir prendre un peu de recul et mettre en regard "l’esprit" des réformes (ce qu’elles semblaient annoncer) et ce qui se passe réellement et les différentes configurations qui se dessinent. Notre métier a-t-il changé et comment ? Y-a-t-il ou non une intensification de la concurrence entre les enseignants chercheurs et si oui, quelles formes prend-elle ? La mise en place de l’évaluation des enseignements a-t-elle eu des effets et lesquels ? Sont-ils univoques ? De quelle manière pèse l’intensification des formes d’évaluation ? Comment les rapports sociaux au sein de l’université ont-ils évolué, par exemple entre enseignants chercheurs et membres des équipes dirigeantes ? Et bien évidemment, les conditions d’exercice de notre métier, dans le cadre de la sociologie et de la place qu’elle occupe dans l’enseignement supérieur, sont au coeur de ce travail que j’aimerais entreprendre avec vous.
Il commencerait par une enquête menée auprès de la communauté, permettant déjà dans un premier temps de recueillir différentes expériences pour analyser les tendances et les évolutions qui se dégagent pour donner lieu à un document public qui servirait de base à une réflexion collective sur les conditions de maîtrise ou d’une plus grande maîtrise de notre métier.

Eric Marlière, Maître de conférences en sociologie à l’université de Lille 3 (IUT B de Tourcoing)
Par la présente, je fais acte de candidature au conseil d’administration de l’ASES pour deux raisons qui me paraissent esssentielles dans mon métier d’enseignant-chercheur : 1/ la première consiste à réfléchir sur les manières d’exercer notre profession dans un IUT où les enseignants-chercheurs sont le plus souvent minoritaires et voient, le plus souvent, leurs activités de recherche incomprises voire parfois dénigrées par d’autres collègues étrangers à nos "spécificités"(PRAG, formateurs, consultants, etc.) ; 2/ la seconde motivation a pour objectif de renforcer le partenariat avec le champ de l’intervention sociale (discipline souvent transversale à nos objets d’études) en cours de mutations avec probablement la création des Hautes Ecoles en Travail social. Pour des raisons complexes que je ne peux développer ici, le champ de l’intervention sociale souhaite s’autonomiser et si possible s’affranchir définitivement du monde universitaire (notamment dans l’obtention et la qualification des diplômes). Membre de l’association ACOFIS je participerai à une conférences de consensus dans l’optique de renforcer la complémentarité et le partenariat avec la branche non lucrative du travail et les centres de formation du travail social afin de réfléchir sur les manières de travailler ensemble et de renforcer des pôles d’excellence entre ses deux "univers". En espérant que ma candidature puisse retenir votre attention, je vous prie d’agréer, cher(e)s collègues, mes salutations les plus distinguées. Eric Marlière.

Louis Bertrand

Louis Bertrand, sociologue, docteur de l’université « Paris-Est », post-doctorant au Ceries, université Lille 3. Mes travaux portent sur l’individualisation des politiques sociales, le handicap et les politiques d’insertion.

Élu au conseil d’administration de l’ASES depuis 2009, je sollicite le renouvellement de mon mandat. Lors de ce premier mandat j’ai essayé de contribuer du mieux possible aux travaux du conseil d’administration par une présence assidue aux réunions et une participation active aux discussions « en ligne » (rédaction de textes collectifs, recherche d’informations pour les wiki, marginalement organisation de journées).

Pour ce nouveau mandat, j’aimerais continuer les efforts en direction des jeunes chercheur-e-s, participer aux réflexions sur l’avenir du métier et des diplômes, favoriser les échanges sur les pratiques pédagogiques. J’aimerai également que nous réfléchissions à la place des adhérents par rapport au conseil d’administration dans l’association.

Ana Perrin-Heredia, 31 ans, docteure en sociologie (sur les pratiques économiques des classes populaires) et actuellement post-doctorante au Centre de sociologie des organisations (IEP de Paris). J’ai eu l’occasion d’enseigner, à de nombreuses reprises, la sociologie à des non-spécialistes (notamment au cours de mes années en tant que monitrice et ATER à l’Université de Reims Champagne-Ardenne dans les différents niveaux de la licence Sciences sanitaires et sociales). Les défis (le mot n’est probablement pas trop fort) pédagogiques qu’il faut relever pour parvenir à intéresser les étudiants à cette discipline, pourtant passionnante, me semblent mériter que s’organisent encore de nombreux débats et que continuent de se croiser les expériences. Par ailleurs, j’ai largement profité du soutien de l’ASES lors des différentes procédures de recrutement auxquelles j’ai participé et pour avoir candidaté dans d’autres disciplines où ces ressources n’existent pas (ou peu) j’en ai mesuré l’importance. Pour toutes ces raisons, je souhaite aujourd’hui m’investir au sein de l’ASES et collaborer, plus particulièrement, aux réflexions sur les enseignements de sociologie « hors les murs ».

Alexandra Oeser, MCF à l’université Paris Ouest-Nanterre-La Défense depuis septembre 2010, après avoir été ATER à l’IEP de Toulouse et vacataire à l’université Marne La Vallée. J’ai mené des recherches sur la socialisation politique, notamment chez les adolescents, travaux relevant également de la sociologie de l’éducation et de la famille. Plus récemment je me suis tournée vers les mouvements sociaux et la mobilisation politique en milieu ouvrier. Travaillant sur l’Allemagne et la France, l’internationalisation de la défense des SHS, notamment en termes d’autonomie, est un souci premier pour moi, sachant que des barrières, en particulier linguistiques, continuent à poser des problèmes sérieux à la circulation des savoirs. L’enseignement dans la préparation au CAPES de sciences économiques et sociales me rend sensible aux enjeux de la discipline dans le secondaire et la nécessité de travailler avec ses instances représentatives (notamment l’APSES). La conjoncture actuelle – difficultés du CNU, réformes en cours dans le secondaire et le supérieur, marchandisation des savoirs – m’incite aujourd’hui à poser ma candidature afin de m’impliquer davantage que jusqu’ici dans les instances représentatives de notre discipline, plaidant pour la transparence, une éthique du travail et de la représentation. La position de plus en plus inquiétante des précaires de la discipline – doctorant-e-s et docteur-e-s sans poste – qui constituent une main-d’œuvre importante dans les universités, face à une réduction massive des postes d’ATER, sinon la suppression quasi-complète des postes d’ATER à mi-temps et les contrats doctoraux avec des heures variables, des postes précaires de plus en plus tardifs et de plus en plus nombreux (post-doc ANR notamment) – donc des doctorant-e-s et docteur-e-s de plus en plus dépendant-e-s et peu autonomes dans leurs recherches ainsi que dans la planification de leur carrière, me semble une donnée sur laquelle il faudra réfléchir collectivement et proposer des solutions, en anticipant les évolutions à venir. Le sens de ma candidature à l’ASES vise ainsi à continuer le travail qui a été effectué jusqu’alors pour faire de cette organisation un outil de défense de la discipline nationalement et internationalement. Etant co-fondatrice de l’association Champ libre aux Sciences Sociales, je compte également œuvrer pour une collaboration étroite entre différentes associations pour améliorer la visibilité des sciences sociales.

Jean FERRETTE

Je vous adresse cette candidature tardive, ce qui n’est pas sans rapport avec la spécificité de ma situation.
Docteur en sociologie, 51 ans, je suis enseignant certifié de SES dans un lycée de Caen, membre de l’association des professeurs de Sciences économiques et sociales (APSES).

J’ai enseigné à l’université (L1, L2, L3, master 1) en sociologie, jusqu’à ce qu’on m’ait demandé de mettre 10/20 à tous les étudiants pour cause de grève étudiante durant la plus grande partie du second semestre 2009. J’ai préféré démissionner.

Je postule actuellement à des postes de MCF correspondant à mon profil (sociologie du travail, du syndicalisme et des professions principalement ; mais avec une pratique passée de l’enseignement en sociologie du cinéma, que je poursuis actuellement).

Ma candidature, dans la continuité de mon expérience à l’université et de mon adhésion à l’ASES il y a déjà plusieurs années, poursuit le même objectif de poser les questions pédagogiques. Je crois que mon expérience, sur une étendue scolaire allant de bac - 3 à bac + 4 (la même année !) constitue un point de vue (relativement) original.
La seconde raison est qu’il faut poser à nouveau frais la question des modes de recrutement des enseignants du supérieur. Ayant bénéficié, dans le second degré, d’un concours anonyme, je pense qu’il ne serait pas inutile de s’en inspirer pour le recrutement des enseignants du supérieur.

C’est donc du point de vue d’un professeur du second degré (jusqu’à nouvel ordre) que je me présente à vous, pour ce qui est du mode de recrutement, du mode d’élaboration des contenus enseignés et des manières de transmettre selon les publics.

Par ailleurs, je me suis investi dans des relations avec nos confrères hongrois (pour lesquels j’avais sollicité un échange dans le cadre du programme Balaton), malheureusement resté sans suite du fait de l’administration hongroise.

Enfin, je participe du comité de rédaction de la revue ANAMNESE,Mémoire des auteurs oubliés (francophones) qui organise chaque année un colloque à thème (en 2012 : le collège de sociologie) le prochain devant être organisé en octobre 2013 à Bruxelles. Je suis également l’organisateur du colloque "la souffrance au travail d’origine hiérarchique" qui aura lieu à Paris les 25 et 26 octobre prochain (et auquel je ne peux malheureusement pas vous inviter, car il est complet).

Actuellement, mes recherches que je mène entre deux paquets de copies (voilà, ça c’est pour excuser ma candidature tardive) ont pour objet la souffrance au travail, l’histoire du syndicalisme et les relations humaines dans l’entreprise (j’ai co-rédigé un livre à paraître intitulé "l’entreprise inhumaine ? Sur les valeurs en entreprise").

Pascal MARTIN

Je suis « jeune » docteur. J’ai soutenu une thèse de sociologie le 27 septembre dernier qui porte sur la réforme de l’Etat social (en l’occurrence l’assurance maladie) et les effets de la « nouvelle gouvernance » adossée au développement des politiques managériales dans une institution ayant une mission de service public. A travers l’analyse de cette réforme, je porte au jour les transformations vécues par les agents de l’assurance maladie et les impacts de la nouvelle organisation du travail dans la relation avec la « clientèle » à l’accueil.

J’ai été ATER à Paris 8 et à Paris 13. En 2009, comme l’essentiel du département de sociologie de Paris 8, j’étais très investi dans la mobilisation contre la LRU. Par la suite – et jusqu’à maintenant -, j’ai poursuivi mon expérience d’enseignement en effectuant des charges de cours. Je perçois actuellement l’allocation de recherche d’emploi (ARE).

Ma proposition de candidature au CA de l’ASES vise, d’une part, à prolonger l’action déjà engagée par l’association et, d’autre part, à incarner la précarité qui sévit dans les mondes universitaire et de la recherche.

Forum
Répondre à cet article

Au programme de l’ASES

Pas d'évènements à venir

Ici vous pouvez afficher le contenu d'un article avec le mot-clé "article-libre2".

Le titre du bloc sera celui de l'article.


Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.84.13