Association des sociologues enseignant-e-s du supérieur (ASES)
Pratiquer et déployer la sociologie

L’Association des sociologues enseignant-e-s du supérieur (ASES) est une association française créée en 1989, à l’initiative de deux sociologues français, Catherine Paradeise et Pierre Tripier, afin d’assurer "la défense et la promotion de la sociologie dans l’enseignement supérieur". Ses statuts, votés par l’assemblée générale constitutive du 11 janvier 1989, ont été déclarés le 26 mai 1989.

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Que faire avec des études de sociologie ?
Article mis en ligne le 24 octobre 2012
dernière modification le 30 janvier 2016

par Fanny Jedlicki
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Et d’abord faire de la sociologie, ça mène à quoi comme travail après ?

ou encore... “Qu’apprennent les étudiants qui suivent des cursus de sociologie à l’université ?”
“Quelles compétences acquièrent-ils ?”
“En quoi font-ils la différence pour un recruteur ?”

L’ASES a répondu à cette question dans sa contribution aux Assises de l’ESR toute la contribution

La sociologie a pris son essor en France après la création de la licence en 1957, c’est une discipline, qui, quoi qu’ayant un demi siècle d’existence autonome dans l’enseignement et la recherche universitaire, et ayant acquis une renommée internationale, est encore perçue par certains comme un supplément de culture générale. Pour nous, il est clair que la sociologie conduit à un métier, celui de chercheur, dans toutes ses déclinaisons, fondamentales ou appliquées, donc à une grande variétés de métiers. On trouve désormais des sociologues, par exemple consultants-experts, dans nombre d’organisation, hors du cadre universitaire. Sa spécificité en termes de concepts et de méthodes forme des personnes et des équipes, capables de décrypter le monde social. Cette capacité est plus que jamais importante, tant pour les « décideurs » à tous niveaux, que pour les mouvements sociaux.

Et puis au fait...
“Comment les étudiants de sociologie s’insèrent-ils sur le marché du travail ?”
“Quels types d’emploi trouvent les titulaires d’une licence de sociologie ?”
“A quoi se destinent ceux qui ont des masters de sociologie ?”
“Les docteurs en sociologie trouvent-ils et veulent-ils tous un emploi à l’université ?”

Globalement, trois ans après leur entrée dans la vie active l’écrasante majorité des diplômés de sociologie est en poste sur le marché du travail. Le taux de chômage de ces diplômés étant assez proche de celui de l’ensemble des diplômés en sciences humaines. Ainsi, 91% des diplômés d’une Licence de sociologie ont du travail, chiffre conforme (et même supérieur) aux taux d’emploi de l’ensemble des sortants de sciences humaines (90%) (cf. Piriou, 2008).

De même les titulaires de masters de sociologie s’en sortent mieux que leurs homologues diplômés d’autres disciplines de sciences humaines ou de sciences dites « dures ». Les étudiants sortant avec un master professionnel de sociologie (ex DESS) affichent un taux d’insertion dans l’emploi plus élevé (97%) que leurs camarades ayant opté pour un master recherche (ex DEA) (90%).

Les enquêtes menées par Odile Piriou montrent la diversité des postes et des fonctions qu’offrent les Masters de sociologie, lesquels ”peuvent ainsi déboucher sur des fonctions d’expert ou d’expertise ; de management, de responsable de direction et de conduite d’études, d’équipes, de projets, d’ingénierie, de médiation, d’intervention, d’évaluation, de formation ; d’études”.

Bref, le diplôme, qu’il soit de sociologie ou d’une autre discipline constitue plus que jamais un atout gagnant pour les jeunes face à la crise.

Pour plus de développements, voir :
Odile Piriou, « Que deviennent les diplômés de sociologie ? Un état de la discipline et de son avenir », Socio-logos. Revue de l’association française de sociologie, 2008

Les données de l’enquête menée par le MESR sur les diplômés de Master.

Le Master Sociologie d’enquête de l’université Paris Descartes répond à la question des débouchés en sociologie ici

La fac d’anthropologie, de sociologie et de sciences politiques de Lyon II aussi c’est là

Et avec les SHS en général, on en fait quoi dans la vraie vie du travail ?

Globalement, plus récemment cela va moins bien, mais les 2/3 des étudiants trouvent un emploi, soit 3 points de moins que la moyenne. Ensuite, la satisfaction est à la moyenne ou légèrement au dessus. Cependant on voit bien que la sociologie amène à une grande variété d’emplois et que la situation est tout à fait honorable, les sciences sociales ne mènent pas au chômage, elles mènent à une insertion voulue et assumée et non subie. La situation est comparable à la moyenne en termes d’évolution ; finalement les éléments individuels (choix mobilité, privilégié contenu de l’emploi plutôt que salaire, etc..) comptent au moins autant que la discipline concernant la question des débouchés.

Il y a des formations comme droit et économie mieux cotées que les sciences sociales mais qui ont des débouchés moindres.

Cf. le document ci-dessous du ministère de l’ESR, montrant des taux d’insertion niveau master favorables aux SHS : 90% contre 93% pour le maximum, entre autres.

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Etude ESR niveau d’étude et insertion des étudiants

Mais étudier à la fac, c’est prendre un drôle de chemin

Eléments contre les idées reçues sur l’université...

La question de l’« abandon » et des inégalités dans les premiers cycles
à l’université

A propos de la "professionnalisation" de façon plus générale...

Elle n’est pas la panacée universelle, peut-être plus comme le cheval de
Troie de logiques gestionnaires.

Voire par exemple
Citton
Newfield

Et de toute façon, la sociologie dans la société, cela sert à quoi ?

Des réflexions sur la sociologie : par exemple lors du débat organisé par le RTP-CNRS « Société en évolution, Science Sociale en Mouvement » à l’ENS le 9 mars 2009 intitulé Quel avenir pour les sciences sociales ?

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Chenu une institution sans intention

Signalés également les travaux de Bernard Lahire : A quoi sert la sociologie ? 2004, La découverte (ouvrage collectif, sous sa direction)

Ou le plus récent : Bernard Lahire, Monde pluriel. Penser l’unité des sciences sociales, Paris, Seuil, coll. « La couleur des idées », 2012
Voir ici pour un résumé et un compte-rendu critique

Merci à Louis Bertrand, Valérie Boussard, Philippe Cibois, Philippe Cordazzo, Fanny Darbus, Sandrine Garcia, Matthieu Hély, Odile Henry, Eric Marlière, Nicolas Sembel, Maryse Tripier, et le CA de l’ASES en général.

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