Association des sociologues enseignant-e-s du supérieur (ASES)
Pratiquer et déployer la sociologie

L’Association des sociologues enseignant-e-s du supérieur (ASES) est une association française créée en 1989, à l’initiative de deux sociologues français, Catherine Paradeise et Pierre Tripier, afin d’assurer "la défense et la promotion de la sociologie dans l’enseignement supérieur". Ses statuts, votés par l’assemblée générale constitutive du 11 janvier 1989, ont été déclarés le 26 mai 1989.

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Etre candidat.e au CNRS, 1 : Le dossier à rendre pour le 7 janvier 2013 Posté par Claire Lemercier
Article mis en ligne le 12 décembre 2012
dernière modification le 15 avril 2016

par Matthieu Hély
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Etre candidat.e au CNRS, 1 : Le dossier à rendre pour le 7 janvier 2013
Posté par Claire Lemercier Le 11/12/2012 @ 19:08 Dans Billets | Pas de commentaire

par Claire Lemercier, avec des suggestions judicieuses de Julien Demade, Sibylle Gollac et Léonie Hénaut

Ces conseils sont fondés sur ce que j’ai pu observer depuis 2002 en position de candidate (2002, 2003) puis de personne sollicitée pour des conseils par les candidat.e.s, principalement en section 33 et plus récemment en sections 36 et 40. Ils n’ont pas été validés par les sections du comité national et n’engagent que moi. Je constate toutefois qu’il existe des règles implicites que les candidat.e.s maîtrisent inégalement et, puisqu’elles ne semblent pas devoir être officialisées, je pense que c’est à la communauté scientifique d’essayer de les expliciter. Les commentaires sont donc plus que bienvenus…

L’important, c’est le projet

La principale chose à comprendre est la très grande importance du projet scientifique pour le recrutement. Tout ne se joue pas là, mais beaucoup. Cela ne rattrapera pas une mauvaise thèse, mais peut contrebalancer des publications encore légères – et vice versa. Il faut donc prendre le temps de vraiment travailler le projet, le faire relire, etc.

Contrepartie importante : même si les candidat.e.s ne le croient pas depuis que je le répète, je suis sûre de mon fait. Le.s laboratoire.s mentionné.s dans le projet et leurs éventuelles lettres de soutien ont une influence epsilonesque sur le recrutement. En avoir, c’est bien, mais ce n’est pas là-dessus que vos efforts doivent d’abord porter. C’est sur le projet ! Le laboratoire est surtout intéressant s’il relit votre projet, vous aide à l’améliorer et ensuite vous propose des auditions blanches.

Il est encore moins intéressant de multiplier les lettres de soutien individuelles. Cela peut même agacer la section. N’en usez que si vous avez un profil vraiment atypique qui demande absolument ce type de justification (par exemple du point de vue des frontières disciplinaires), et encore.

La demande d’affectation est d’autant moins cruciale qu’ensuite, le CNRS vous affecte relativement indépendamment de cette demande : il y a eu ces dernières années de nombreux cas de jeunes recruté.e.s nommé.e.s dans un laboratoire aucunement demandé et donc sans avoir eu son soutien.

Bref, si ce travail relationnel ne peut pas vous nuire, il ne doit pas prendre le pas sur le travail du projet.

À quoi exactement candidater ?

C’est donc un projet qui est avant tout recruté. Ensuite, c’est tout de même aussi une personne, parce que les indications sur votre parcours (notamment la thèse) permettent de se dire que vous avez ou pas les moyens de réaliser le projet. Mais c’est vous et votre projet qu’on recrute. On ne cherche pas à pourvoir un poste ici et là.

Certes, il y a l’exception des postes « coloriés » ou plus rarement « fléchés » sur un profil, voire pour un labo. Un poste « colorié », c’est ce qui se passe lorsqu’il est écrit, comme cette année en section 33, « 5 Chargés de recherche de 2e classe dont 3 prioritairement sur les thèmes suivants : « histoire des mondes américains ou atlantiques », « histoire de l’Europe centrale et orientale ou balkanique », « histoire économique : espaces, acteurs, pratiques » ». Cela veut dire que le CNRS demande à la section de placer ces thèmes en priorité, mais elle n’est pas vraiment obligée de suivre, surtout si elle juge qu’il n’y a pas assez de bon.ne.s candidat.e.s sur ces thèmes. Un poste fléché, c’est lorsqu’il est écrit, comme quand j’ai été recrutée : « un chargé de recherche de 2e classe sur le thème « histoire culturelle comparée de l’Europe », affecté à l’Institut d’histoire moderne et contemporaine ». C’est heureusement plus rare ces dernières années, et comme mon cas le prouve, la section peut arriver à ne pas suivre l’injonction donnée par le fléchage…

Bref, même dans ces cas, le comité national garde une importante marge d’interprétation. N’essayez donc pas de faire entrer aux forceps votre projet dans un profil. En revanche, n’hésitez pas à candidater sur tous les postes ouverts, même hors de votre thématique. Cela ne coûte rien (l’audition est commune) et on ne sait jamais, si personne n’entre dans le profil, vous pourriez avoir votre chance.

Enfin, en général, n’hésitez pas à candidater à la fois en CR2 et CR1. La distinction entre ces grades tend à s’effacer, ce qui est bizarre puisque le salaire n’est pas du tout le même, mais qui s’explique par le nombre, la qualité et l’âge des postulant.e.s. Si vous ne candidatez pas en CR2, vous faites le choix d’un salaire plus élevé, mais vous réduisez très grandement vos chances. En revanche, il faut tenir compte du nombre maximum de candidatures autorisées en CR1 : « les candidats aux concours de chargé de recherche de 1re classe ne peuvent se présenter à plus de trois campagnes de concours ou bien quatre s’ils ont été déclarés deux fois admissibles au cours de deux campagnes différentes. » Donc, si vraiment vous venez juste de soutenir, votre projet est encore faible et vous n’avez aucune publication, vous pouvez garder une chance pour plus tard – mais dans ce cas, il est probable que vous ne vous présenterez pas en CR2 non plus… À la limite, garder une candidature CR1 pour un moment où la section va être renouvelée (vous ne serez donc plus jugé.e par les mêmes) peut aussi avoir un sens – même si rien ne garantit qu’à ce moment, il y aura des postes de CR1 !

Vous me direz : mais pour entrer comme CR1, il faut 4 ans d’expérience dans un laboratoire. Oui, sauf que si vous avez eu une thèse financée, toutes les années pendant lesquelles vous étiez payé.e au moins en partie pour faire de la recherche (allocation de thèse, ATER, postdoc, etc.) comptent1 . De ce fait, bien des jeunes docteur.e.s ont déjà l’expérience requise pour candidater en CR1… Enfin, cette année encore, en additionnant CR2 et CR1, il y a 7 ou 8 postes par section. Qui sait si cela durera… Si cela continue comme depuis 2 ou 3 ans, on remplace les départs en retraite, ni plus ni plus. Or il devrait y en avoir un peu moins dans les années à venir. Tentez donc votre chance ! Sauf si vous avez un projet vraiment pas assez prêt (et ne faites pas sur ce point confiance à votre modestie : faites-le lire à des collègues et prenez leur avis !), cela ne peut pas vous nuire.

Écrire pour des non spécialistes un projet qui puisse être résumé en une page et dix minutes

Maintenant, le contenu du dossier. Ici, un impératif commun pour le rapport sur les travaux effectués et pour le projet (surtout) : rappelez-vous que vous écrivez pour des non spécialistes. Consultez la liste des membres de la section (en ligne [1]) et constatez que la plupart sont très éloigné.e.s de votre sujet ! Certes, il est possible qu’on vous donne comme rapporteur.trice la personne la moins éloignée, mais cela ne vaut que dans la limite des nombres de dossiers à attribuer, et de toute façon il faudra aussi convaincre les autres. Or le CNRS ne recrute pas seulement une personne avec un très bon dossier (il y en a trop…) : je le répète, il recrute aussi un projet, qui soit bien conçu, faisable, mais encore qui porte sur un sujet jugé important, voire prioritaire. En juger est bien sûr difficile pour les sections, qui doivent arbitrer entre des projets extrêmement différents. Mais pour que le vôtre soit pris en considération, il faut faire tous les efforts nécessaires pour que de parfaits non spécialistes comprennent son intérêt, sa nouveauté, le fait que votre approche est appropriée, etc. Cela implique plusieurs choses.

D’abord, il ne faut pas trop être modeste (je dis cela notamment pour les femmes, et les hommes qui partagent cette tendance souvent genrée…). Sans écraser tout le monde, il faut que vous vous posiez en futur.e collègue qu’on ait envie de recruter, pas (plus) en étudiant.e. Relisez-vous et limitez les « peut-être semble-t-il qu’éventuellement j’arriverai un jour à avancer un résultat provisoire sur une toute petite chose »…

Ensuite, il faut accorder une attention extrême au résumé de moins d’une page qui vous est demandé, ainsi qu’au titre du projet. Il faut qu’un.e parfait.e non-spécialiste comprenne et apprécie. En effet c’est la principale pièce que les membres de la section, en dehors de votre rapporteur.trice, sont tenu.e.s d’avoir lue avant de discuter de votre cas – souvent, malheureusement, ils n’ont pas le temps de lire de près l’intégralité du rapport et du projet. En outre, pensez déjà que, le jour de l’audition, vous devrez présenter votre projet à l’oral en dix à quinze minutes, selon les sections. Il faudra alors persuader en très peu de temps de la pertinence et de la force de votre projet des personnes dont les recherches peuvent en être très éloignées. Ces considérations doivent entrer en ligne de compte dans le choix et la formulation du projet qui, s’il peut porter sur un objet pointu, doit s’adosser à des enjeux disciplinaires rapidement saisissables par l’ensemble des membres de la discipline.

C’est un art difficile que d’écrire ainsi… Il peut être utile de vous faire relire par des ami.e.s, relations, etc. qui font de la recherche, mais pas dans votre domaine. L’idéal est qu’ils soient dans la même situation que les membres de la section : même discipline ou discipline voisine, mais objet très éloigné. Mais un.e. ami.e physicien.ne par exemple peut déjà aider ! Mon exemple favori pour la section 33, mais il est facile d’imaginer des équivalents pour les autres : écrivez pour un.e spécialiste des ateliers de poterie chinois du iiie siècle. Évitez ou explicitez les sigles et faites attention aux autres allusions aux événements, personnages, chercheur.se.s., etc. supposé.e.s connu.e.s pour votre période/pays/thème de prédilection. Sans avoir l’air de mépriser les gens qui vous jugent, il faut leur donner toutes les clés pour vous apprécier…

Un projet ambitieux mais réalisable

Tant dans le titre que dans le résumé, il faut à la fois qu’on identifie un objet précis d’étude empirique (vous n’allez pas faire l’histoire générale de tout…) et un propos plus général qui sera la visée de la recherche (on ne vous embauche pas non plus pour dépouiller 50 cartons d’archives, comme si c’était un but en soi). C’est tout l’art du projet. Il faut le concevoir comme une sorte de titre de chaire que vous demandez que l’on crée pour vous : une indication de la direction générale dans laquelle vous allez chercher pendant les 10 ans environ à venir, qui va donner lieu à pas mal d’articles, un ou deux livres, dont sans doute votre habilitation à diriger des recherches ; bref, la thématique par laquelle vous serez connu.e. : « c’est Machin.e qui travaille sur xxx » (non pas en ce moment, mais en général). Mais tout en donnant cette direction générale, le projet doit aussi indiquer sur quoi vous allez travailler dès octobre prochain si vous êtes recruté.e, et ce de façon crédible : indication d’archives/de terrain assez précises, bibliographie maîtrisée jusque dans le détail, etc.

Le bon projet est celui qui est convaincant sur les deux plans : sur une recherche empirique précise pouvant être lancée tout de suite (donc un peu dans le style d’un projet de postdoc ou d’ANR), et sur une direction plus générale à plus long terme ; pas pour toute votre carrière, mais pour sa première phase. Il faut absolument tenir ces deux bouts et surtout éviter le mauvais moyen terme qui consiste à lister, sur le même plan, quatre ou cinq chantiers plus ou moins articulés entre eux, sans en approfondir aucun et sans montrer la force de ce qui les lie (vous et ce qui vous fait courir). Certes, en pratique, c’est souvent le point où on en est quand on candidate : on est plus ou moins impliqué.e dans plusieurs projets collectifs et on a quelques idées plus individuelles issues de la thèse. Le comité le sait bien. Mais il attend que vous définissiez une priorité immédiate et un but plus large à moyen terme : il ne recrute pas une série de projets ANR, il recrute une personne et un thème de recherche fort.

Un détail à ce sujet : si vous parlez des laboratoires où votre projet se trouverait bien, ne dites pas, comme tout le monde, que le projet ou vous se retrouveraient dans tous les axes du labo à la fois ! En pratique, il vaut mieux être dans un des axes, quitte à dialoguer avec les autres. Il faut éviter le soupçon de dispersion. Vous n’êtes pas crédible si vous dites que vous participez de toutes les sous-disciplines de l’histoire (ou de la sociologie, etc.) à la fois !

Et plus concrètement…

Même si les bons conseils se donnent projet par projet, je me risque enfin à en énumérer quelques autres, d’ordre assez général.

Sur la longueur d’abord : il n’y a pas de règle car tout dépend de la densité et de la clarté du texte. Mais vous pouvez retenir que le projet a la longueur, et pour l’essentiel la forme, d’un article programmatique. 10-15 pages pour le rapport et 15-20 pour le projet : cela me semblait raisonnable quand j’ai écrit une première version de ce texte… puis j’ai lu ou relu quelques projets récents et constaté qu’en pratique, ils étaient souvent plus longs, surtout en sections 36 et 40 (jusqu’à 40 pages). Mais en réalité, l’important n’est pas là : tout dépend jusqu’où vous allez dans le détail empirique, notamment (cadrage du projet et détails sur la manière de le mener à bien : terrain ou sources). 40 pages, ce sera toujours trop long si cela reste théorique ou si la construction n’est pas claire ; 15 pages, toujours trop court si cela vous empêche de vous situer dans la discipline ou si vous ne donnez aucune idée de la faisabilité du projet. Bref, celui-ci peut être très court s’il est dense, très long s’il est très bien structuré : dans ce cas, ne pas hésiter à mettre un sommaire, des annonces de plan et transitions très explicites, des phrases en gras, etc. N’oubliez pas que les collègues ont toujours trop peu de temps pour vous lire… Pour la même raison, il faut que la structure soit très claire. Votre finesse apparaîtra dans le contenu même, mais ne jouez pas au plus fin avec le plan.

Profitez du rapport pour mettre en valeur non seulement la thèse, mais aussi vos articles déjà publiés (même et surtout si c’est dans un endroit obscur) ou en voie de publication. Attention, dans les listes de publications, ne mettez que ce qui est déjà publié ou fermement accepté (en joignant une preuve dans ce cas) : la section ne sera jamais dupe dans le cas contraire et vous considérera simplement comme non professionnel.le. En revanche, le rapport sur les travaux déjà effectués peut permettre de restituer les logiques de chaque écrit (déjà accepté ou non) : celle propre à chacun et la façon dont ils s’articulent ensemble et avec la thèse, voire avec le projet. Pour la thèse, ne vous contentez pas d’un résumé standard, mais explicitez en quoi elle va vous aider à réaliser votre projet : vous reprenez les mêmes méthodes que vous maîtrisez bien, vous avez appris des erreurs de la thèse, vous avez repéré un superbe terrain à cette occasion, etc. Tout doit conduire au projet. Il ne s’agit pas de répéter votre CV, que la section lit par ailleurs, mais de saisir l’occasion d’expliquer comment, selon vous, on doit lire ce CV : comme un parcours de recherche menant au projet et à votre recrutement. Ce n’est pas un CV détaillé avec, à la file, les résumés des publications et projets réalisés, mais une présentation organisée de votre profil de recherche. Comme pour le projet, il faut éviter toute modestie exagérée, vraie ou fausse. Pour établir le plan, les choses à mettre en valeur et celles à laisser uniquement dans le CV, il faut un peu se projeter, se prendre au sérieux et se demander : à quels domaines de recherche mes travaux contribuent-ils ? Et en trouver au moins deux ou trois (pas douze non plus…), comme « la sociologie de l’art », « les méthodes ethnographiques », « les études sur le genre », etc.

Pour le projet lui-même, gardez en tête qu’il doit être à la fois réaliste et ambitieux, même c’est bien sûr la quadrature du cercle. Par exemple, si vous prévoyez des comparaisons internationales, soyez précis.e sur les moyens : sources à voir vous-même de chaque côté ? Appui sur la littérature ou le travail avec des collègues spécialistes ? Langues à apprendre ou à améliorer ? De même pour les projets avec des aspects de digital humanities. Soyez bien clair.e sur ce que vous savez déjà faire, sur ce que vous ferez vous-même ou en collaboration (de toute façon, si vous n’êtes pas clair.e, vous aurez une question à l’oral…). Vous pouvez dire que vous allez vous former (le CNRS est fier de sa formation continue), mais soyez alors précis.e et réaliste sur ce point, comme sur les sources, terrains, etc. Il ne faut pas hésiter à prendre des premiers contacts avec des chercheur.se.s susceptibles de vous suggérer des sources ou des entrées sur le terrain, qui vous permettront d’en apprécier l’accessibilité. Il ne faut pas bluffer : le jour de l’audition, le jury peut vraiment vous cuisiner longuement sur la faisabilité du projet. Tous les arguments seront alors bons à prendre pour montrer votre réalisme et votre professionnalisme, et anticiper ces questions dès le projet écrit ne peut pas vous faire de mal. Vous pouvez ainsi y expliquer que vous avez discuté de votre projet avec quelqu’un.e qui a déjà travaillé sur un terrain proche – quelqu’un.e de connu si possible, en tout cas avec des publications sur le sujet que vous pouvez citer –, que vous avez déjà pris des contacts avec les personnes qui peuvent vous faire entrer sur le terrain, que vous avez anticipé un problème de dérogation pour des archives récentes ou obtenu accès à des archives privées, etc.

Dans le projet, il est également important de vous positionner par rapport à la littérature, mais le but n’est pas seulement de montrer que vous la maîtrisez bien : c’est une condition nécessaire, mais pas suffisante, pour le recrutement. Il faut la mobiliser précisément et pas seulement accumuler les références. Mais il faut surtout vous situer en son sein et montrer ce que votre projet va y changer. Il ne s’agit pas seulement d’y « combler une lacune », car toute recherche en comble nécessairement une ! Il faut que vous montriez que vous abordez un large terrain vierge et vraiment important, ou que vous posez un problème en termes complètement neufs, ou que vous mariez deux ensembles de références qui s’ignoraient jusqu’ici, etc.

Au fil du rapport et du projet, ou dans une partie dédiée, il faut aussi que vous fassiez apparaître vos liens déjà existants dans le milieu de la recherche, en France et plus encore à l’étranger (ou le cas échéant hors de votre discipline, etc.). Pas trop de name dropping : l’important n’est pas le nombre ou le statut de stars, mais la spécification de ce que vous avez déjà fait et envisagez de faire exactement avec ces personnes. Même si on recrute un projet de recherche, on recrute aussi toujours en partie un.e entrepreneur.se de recherche. Pour la même raison, si vous avez rempli beaucoup de tâches d’organisation de colloques ou séminaires, aide à l’édition, etc., n’hésitez pas à le mettre en valeur. De même si votre enseignement a nourri votre recherche ou vice versa : on ne recrute pas un.e enseignant.e, cela ne doit pas prendre la même place que dans un dossier pour une université (même si la plupart des CR, en pratique, enseignent), mais si vous pouvez lier expérience ou projets d’enseignement et de recherche, cela ne peut pas nuire.

Que faire si vous vous présentez dans plusieurs sections ? Cela dépend des cas. Si vous êtes sociologue et que vous vous présentez en 36 et en 40, par exemple, vous ne faites que prendre acte de la structure disciplinaire de ces sections et il n’y a guère de raison que le projet soit différent, sinon par des adaptations très à la marge si, d’un côté ou de l’autre, vous voulez coller à un « coloriage » de poste. En revanche, il peut arriver que vous soyez plus nettement à la frontière entre deux disciplines (ou du moins que vous tentiez votre chance dans une discipline voisine de la vôtre) et qu’en toute bonne foi, vous envisagiez de faire des recherches un peu différentes suivant que vous êtes recruté.e par l’une ou l’autre, affecté.e dans un laboratoire ou l’autre, etc. Ne perdez toutefois pas de vue le fait que les membres des sections peuvent se connaître et se parler. Présenter deux projets complètement différents pourrait jeter le doute sur leur faisabilité. Il peut être raisonnable d’introduire des accents un peu différents de chaque côté, en termes notamment de références bibliographiques, de détails donnés sur tel ou tel aspect de l’enquête empirique à venir, ou encore de noms de collègues mentionnés. Toutefois, on doit rester dans l’ordre de la nuance et non pas se donner des airs de caméléon, ce qui serait sans doute mal reçu.

Enfin, si vous en êtes à réécrire un projet après une première candidature, ne changez pas tout radicalement, à moins de vous en justifier de façon très convaincante. Certes, cette année, la plupart des membres sont nouveaux, mais ils peuvent être au courant… Essayez de voir si certains des conseils ci-dessus peuvent vous aider à améliorer sa forme. N’hésitez pas à indiquer explicitement comment le projet, ainsi que vous publications, etc. ont avancé depuis un an, tout en précisant à quel point votre statut vous permettait d’y passer du temps.

À suivre, espérons-le : comment écrire un dossier pour un poste de MCF ; comment préparer les auditions CNRS et MCF.

Et si vous voulez mieux vous rendre compte… même si leurs auteur.e.s sont bien loin de les trouver rétrospectivement parfaits et si les critères de jugement peuvent varier dans le temps et selon les sections, voici quelques projets à lire.

Projet de la section 33, recrutement en 2003 [2]

Projet de la section 32, recrutement en 2005 [à venir très bientôt]

Projet de la section 36, recrutement en 2012 [3]

Si vous aussi avez été recruté.e et acceptez que votre projet soit mis à la disposition des candidat.e.s, donnez un lien vers lui en commentaire ou écrivez-moi. [4]

1 « quatre années d’exercice des métiers de la recherche **.

** Elles doivent avoir été accomplies dans un établissement de recherche ou d’enseignement supérieur, public ou privé, français ou étranger. Ces années correspondent à une activité de recherche rémunérée effectuée dans le cadre d’un contrat de travail, public ou privé, ou d’un recrutement en qualité de fonctionnaire. »

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Billet imprimé depuis Academia : http://academia.hypotheses.org

URL du billet : http://academia.hypotheses.org/438

URLs dans ce billet :

[1] en ligne : http://www.cnrs.fr/comitenational/sections/intitsec.htm
[2] Projet de la section 33, recrutement en 2003 : http://dl.dropbox.com/u/8225268/CNRS%202003-IHMC.pdf
[3] Projet de la section 36, recrutement en 2012 : http://dl.dropbox.com/u/8225268/Projet%20CNRS_36-02.pdf
[4] écrivez-moi. : http://www.cso.edu/cv_equipe.asp?per_id=168
[5] Tweet : http://twitter.com/share
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