Association des sociologues enseignant-e-s du supérieur (ASES)
Pratiquer et déployer la sociologie

L’Association des sociologues enseignant-e-s du supérieur (ASES) est une association française créée en 1989, à l’initiative de deux sociologues français, Catherine Paradeise et Pierre Tripier, afin d’assurer "la défense et la promotion de la sociologie dans l’enseignement supérieur". Ses statuts, votés par l’assemblée générale constitutive du 11 janvier 1989, ont été déclarés le 26 mai 1989.

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Appel à témoignages sur les restructurations dans les établissements du supérieur et leurs effets sur les budgets et les conditions de travail
Article mis en ligne le 23 janvier 2013

par Fanny Jedlicki
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Quelles sont les conséquences des réformes à l’œuvre depuis plus d’une dizaine d’années sur le fonctionnement général de l’université et sur les conditions d’emploi et de travail des personnels ?

Et quelles sont les multiples adaptations, reconfigurations, transformations connues par l’établissement de chacun-e d’entre nous à l’issue du passage aux responsabilités et compétences élargies (RCE) prévues dans le cadre de la LRU ?

Notre ambition est de tenter de saisir les effets de ces restructurations, à travers la variété de leurs points d’application et leur intensité.

Les questions financières, budgétaires et comptables feront l’objet d’une attention particulière : quels sont les processus, variables d’une institution à l’autre, qui participent à l’endettement des universités, voire à leurs mises sous tutelle ?
Quels sont ceux, à l’opposé, qui permettent aujourd’hui à d’autres universités, parfois aux mêmes, de « tirer leur épingle du jeu » ?

Par ailleurs, nous tenterons de mesurer les effets des restructurations sur la morphologie de l’institution universitaire, les conditions d’emploi et le travail d’enseignement, de recherche et administratif (charge de travail, disponibilité vis-à-vis des étudiants, modes de contrôle de l’activité, rythmes, marges de manœuvre, entraide, ambiance, concurrence entre les enseignants chercheurs, mais aussi sur la diversification des statuts d’emploi, des formes de rémunérations, etc. ) et enfin sur les formations offertes (mutualisation des enseignements, centralisation de certains services, disparition des marquages disciplinaires, contenus des formations etc.).

L’ASES souhaite recueillir l’ensemble le plus large possible d’expériences et/ou d’analyses, dans le but d’identifier les grandes configurations et leurs évolutions en cours.

Une journée publique de l’ASES consacrée à la présentation des résultats de cette enquête est prévue en 2013.

Cet appel à témoignages s’adresse d’une part à ceux-celles qui, par leur position d’élu-e-s au sein des conseils centraux des universités, ont accès à une vision générale des grandes transformations en cours. Il s’adresse également aux collègues (quel que soit leur statut d’emploi) dont le point de vue est plus localisé (à l‘échelle d’un département, d’un diplôme, d’un comité d’hygiène et de sécurité, etc.). S’il s’adresse particulièrement aux collègues inscrits dans deux listes de discussion (ASES et ANCMSP), il a également vocation à être par la suite largement diffusé auprès des collègues d’autres disciplines. Enfin, nous souhaiterions élargir cet appel à témoignage aux personnels administratifs qui, par leur position, ont accès à d’autres aspects de la réalité des restructurations en cours. Merci de nous indiquer des contacts ou de faire suivre sans modération.

Tout-e-s ceux et celles qui se sentent concerné-e-s peuvent donc nous envoyer un texte sur la liste de diffusion ou à mettre en ligne sur ce site, nous transmettre des contacts, nous signaler les blogs consacrés à ces questions, et enfin nous faire parvenir les documents de tous types (tracts, motions, réflexions locales ou nationales, analyses syndicales ou scientifiques, etc.).

Les textes peuvent être envoyés sur la liste de l’ASES (sociologuesdelenseignementsuperieur@googlegroups.com) pour participer au débat collectif, comme à une adresse contact ad hoc : enquete.ases@gmail.com ; utilisée par celles et ceux d’entre nous en charge directement de cette enquête*.
Les témoignages peuvent être évidemment anonymes ou signés.
Nous proposons également de réaliser des entretiens, par téléphone ou de visu, merci de nous indiquer si vous êtes partant-e-s pour ceux-ci. Les données seront traitées selon les méthodes sociologiques d’enquête, de façon anonyme et confidentielle.

Le CA de l’ASES

*Vérène Chevalier, Fanny Darbus, Sandrine Garcia, Odile Henry, Fanny Jedlicki, Natalia La Valle, Christian Papinot, Nicolas Sembel, Charles Soulié, Maryse Tripier, Laurent Willemez (ce groupe est ouvert à tous ceux et celles qui souhaitent s’investir dans l’enquête).

L’ANCMSP lance également un appel à informations sur les gels de postes et suppression d’heures d’enseignement. "Pour 1000 postes t’as plus rien". Nous publions dans un autre billet sur ce site, le dit appel.

Forum
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Résistance à l’Université du Maine
Jean-Philippe Melchior MCF en sociologue - le 8 février 2013

Bonjour,

Vous trouverez ci-dessous la motion proposée par les élus FSU et adoptée par le CA de l’Université du Maine auquel j’appartiens. Elle résume bien la situation d’étranglement progressif sur le plan budgétaire de cet établissement qui a néanmoins réussi à maintenir sa campagne d’emplois.

Bien cordialement

J-P Melchior

Motion adoptée en CA de l’Université du Maine, le 13/12/2012
Il y a un an, le CA du 15 décembre 2011 consacré au budget 2012 adoptait à l’unanimité une motion qui dénonçait la pénurie à la gestion de laquelle les universités sont progressivement condamnées par la pseudo-autonomie : « l’État n’a délibérément pas pris en compte les effets de sa politique, comme le GVT (glissement vieillesse technicité), l’augmentation des cotisations retraite et le recul de l’âge légal de départ en retraite, le plan carrière (échelons accélérés pour les professeurs des universités et revalorisation des maîtres de conférence débutants), l’augmentation du nombre des promotions décidées nationalement, l’indemnité transport (…), tous ces éléments qui ne sont en rien décidés localement ». La motion alertait sur le fait qu’avec un « transfert de charges » estimé à 1,2 million d’euros « l’université ne pourra envisager l’avenir proche qu’en puisant dans ses réserves pour suppléer au désengagement de l’État, mettant en danger son fonctionnement et hypothéquant de fait ses projets de développement ». Où en sommes-nous un an plus tard ? L’alternance du printemps a-t-elle modifié la situation ?

Dans sa réponse au courrier des 15 présidents d’université qui l’ont interpellée sur la situation critique des universités, Madame la Ministre déplore la manière dont s’est effectué le passage à l’autonomie, en rappelant à juste titre l’absence de prise en compte « des déséquilibres territoriaux et des inégalités durablement installés entre les établissements ». Cependant, comme nous pouvions nous y attendre, elle prend soin de ne critiquer que la mise en œuvre de l’autonomie faite sous les auspices du précédent gouvernement qui a abouti à des mises sous tutelle de plusieurs établissements universitaires et à la gestion en local de la pénurie, mais pas son principe. Autrement dit, il n’est pas question de revenir sur la LRU et les RCE. Alors, pour nous convaincre qu’il existe une autre manière de pratiquer l’autonomie, Madame la Ministre énumère les moyens qui devraient être alloués prochainement aux universités (3000 emplois programmés sur la période 2013-2015, réforme du système SYMPA d’allocation des moyens) en insistant sur la meilleure prise en compte de l’évolution de la masse salariale et en particulier du GVT. Ce sont des éléments positifs qui devraient desserrer temporairement les contraintes imposées aux établissements, mais ils sont très loin de répondre aux immenses besoins de la plupart d’entre eux (masse considérable d’heures supplémentaires d’enseignement qui justifient la création de nombreux postes de la fonction publique, nombreux contrats précaires, vétusté des locaux, très faibles moyens pour réaliser des recherches en SHS…). Par ailleurs, alors que la situation est désastreuse dans de nombreux endroits, l’attribution de ces emplois est conditionnée au respect par les établissements de critères contraignants.

Seuls des moyens suffisants en personnels statutaires, en crédits et sous le contrôle d’une gestion démocratique peuvent garantir la véritable autonomie des universités. Malheureusement, dans le cadre de la LRU, avec une gouvernance démocratiquement très affaiblie, ce sont les pressions politiques et économiques qui déterminent dorénavant les choix opérés par les établissements. Le pouvoir politique (la Stratégie Nationale de Recherche et d’Innovation, les Régions, l’Europe), par le biais des appels à projets, pilote les orientations scientifiques et, en termes d’enseignements, la pénurie budgétaire endémique favorise uniquement ce qui est le plus rentable, ou le moins catastrophique, à court terme. Alors que nous devrions avoir les yeux fixés sur un horizon à 10 ans au moins, nous voilà contraints et forcés de gérer la pénurie à la petite semaine. Nous assistons à un total dévoiement du sens du mot autonomie ! Patients, nous avons attendu plus de 6 mois que la nouvelle majorité change cela. Nous ne pouvons cautionner la destruction des piliers de notre institution (démocratie et indépendance vis-à-vis du pouvoir politique et économique) sous couvert du simple respect des règles de la comptabilité publique. Tout ne se réduit pas à cela. Par ailleurs, nous sommes solidaires de tous les précaires de l’ESR pour qu’enfin les missions pérennes de service public soient assurées par des fonctionnaires de l’Etat, protégés par leur statut, qui lui seul peut garantir le bon accomplissement des missions en question !

Dans ce contexte caractérisé par une dégradation continuelle de la masse salariale au plan national, nous ne voterons le budget 2013 de l’Université du Maine que si nous avons les garanties suffisantes que notre établissement reste en mesure d’assurer pleinement l’ensemble des missions qui sont les siennes. Dans l’hypothèse où la tutelle, qui admet par ailleurs que notre université souffre d’un déficit de 166 postes, décide de remettre en cause, d’une manière ou d’une autre, la campagne d’emplois, nous dénoncerons avec vigueur ce qui sera perçu à juste titre par les personnels comme une marque d’hostilité à l’égard de notre établissement.

Par ailleurs, compte-tenu des projections budgétaires qui nous ont été présentées, il apparaît que si aucune mesure d’urgence n’est proposée par la tutelle, nous serons dans l’incapacité d’exercer correctement nos missions d’enseignement supérieur et de recherche, d’ici 2014 (emplois statutaires, offres d’enseignement, conditions de travail des personnels, conditions de vie et d’études des usagers satisfaisantes). Nous ne cautionnerons pas une telle situation lors du prochain débat budgétaire.

Au programme de l’ASES

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