Association des sociologues enseignant-e-s du supérieur (ASES)
Pratiquer et déployer la sociologie

L’Association des sociologues enseignant-e-s du supérieur (ASES) est une association française créée en 1989, à l’initiative de deux sociologues français, Catherine Paradeise et Pierre Tripier, afin d’assurer "la défense et la promotion de la sociologie dans l’enseignement supérieur". Ses statuts, votés par l’assemblée générale constitutive du 11 janvier 1989, ont été déclarés le 26 mai 1989.

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Lettre de soutien des enseignants titulaires aux vacataires à Tours
Article mis en ligne le 18 avril 2014

par Matthieu Hély
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A l’attention de la direction de l’UFR Arts et sciences humaines et de la présidence de l’Université François-Rabelais

Les enseignants-chercheurs du département de sociologie réunis lors du conseil de département du 10 avril 2014 apportent leur soutien aux revendications exprimées par les chargés de cours du département. Ils souhaitent attirer l’attention des instances de l’UFR et de l’université sur les conséquences qu’entrainerait la mise en œuvre du projet de modification des conditions et modalités de recrutement des ATER et enseignants contractuels.

Il convient en premier lieu de rappeler qu’un chargé de cours est un doctorant ou un docteur qui s’initie à l’enseignement tout en se consacrant à ses recherches afin de pouvoir candidater à un poste d’enseignant-chercheur. Il ne saurait être considéré comme une variable d’ajustement, dans le contexte général d’une politique d’austérité et dans celui, particulier, du département de sociologie, qui souffre d’un taux d’encadrement insuffisant. Le volume d’heures d’enseignements dispensées par le département de sociologie en licence et master, DEIS et licence spécifique s’élève à 6125 HETD. Le département ayant 21 titulaires, il manque donc 2093 HETD, soit un nombre important de titulaires à 192 HETD. Les E-C assurent également des enseignements en AES, UE d’ouverture et dans d’autres départements de l’université, le déficit de postes est donc en réalité bien supérieur.

Suite à la lettre ouverte que leur ont adressée les chargés de cours, le département de sociologie souhaite souligner les points suivants :

-  Un poste d’ATER à temps complet est difficilement conciliable avec la finalisation d’une thèse, d’autant plus dans un contexte où les doctorants sont incités à réaliser leur thèse en trois ou quatre ans, tout en devant valoriser les résultats de leur recherches par des publications. Il convient que l’université mette tout en œuvre pour proposer des postes à mi-temps
-  Il semble peu cohérent d’accorder une décharge de service aux MCF qui viennent d’être recrutés (48 HETD) et d’exiger de jeunes chercheurs encore moins expérimentés et qui, pour la plupart, n’ont pas achevé leur thèse, d’endosser un service plein
-  Pour les docteurs, l’exigence d’avoir un emploi extérieur compromet fortement la possibilité d’obtenir une charge d’enseignement car peu d‘entre eux disposent d’un emploi. L’université doit prendre en compte les fortes disparités entre filières : si dans certaines il est possible de recruter comme vacataires des agents de la fonction publique – comme des enseignants agrégés, des avocats, etc. – ce n’est pas le cas en sociologie. Une telle mesure, si elle était validée, interdirait aux jeunes docteurs de candidater

-  La proposition de contrat d’enseignement pour un volume d’enseignement de 300 HETD à 384 HETD et pour une rémunération de 1300€ est jugée tout à fait inacceptable, d’autant que le contrat serait conclu pour « dix mois maximum », ce qui correspond par conséquent à un revenu mensuel réel de 1083€ net (donc inférieur au SMIC mensuel net). Cela revient à créer un statut d’enseignant au rabais, après huit années d’études, devant assurer une charge d’enseignement au minimum supérieure de 50% à celle des E-C. Les enseignants contractuels ne pourraient pas poursuivre leurs activités de recherche et de publication pendant toute la durée du contrat, ce qui les placerait en situation de ne pouvoir ensuite candidater sur des postes de MCF. Loin de s’inscrire dans une lutte contre la précarité, cette mesure ne ferait que la renforcer

Pour toutes ces raisons, le département de sociologie demande à ce que le projet présenté ne soit pas retenu et qu’une réflexion collective soit engagée avec les UFR et les départements afin que la nécessaire évolution des missions d’enseignements effectuées par des enseignants contractuels ne se fasse ni à leur détriment, ni à celui des départements.

Si un tel projet était validé, l’ouverture de la licence de sociologie serait largement compromise à la prochaine rentrée universitaire, car les enseignants-chercheurs et les contractuels du département sont bien décidés à ne pas accepter de travailler dans les conditions qui leur sont annoncées.

Les enseignants-chercheurs du département de sociologie

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