Association des sociologues enseignant-e-s du supérieur (ASES)
Pratiquer et déployer la sociologie

L’Association des sociologues enseignant-e-s du supérieur (ASES) est une association française créée en 1989, à l’initiative de deux sociologues français, Catherine Paradeise et Pierre Tripier, afin d’assurer "la défense et la promotion de la sociologie dans l’enseignement supérieur". Ses statuts, votés par l’assemblée générale constitutive du 11 janvier 1989, ont été déclarés le 26 mai 1989.

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Soutien renouvelé à Pinar Selek
Article mis en ligne le 13 février 2017

par Cécile Rabot
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Dans un communiqué commun publié le 19 décembre 2014 (« Reconnaître définitivement l’innocence de Pinar Selek c’est réaffirmer l’indépendance de la justice turque »), nos deux associations françaises de sociologues, l’AFS et l’ASES, apportaient de nouveau leur plein soutien à Pinar Selek, accusé par l’État turc d’un attentat terroriste qui n’a pas eu lieu (les experts avaient rapidement établi qu’il s’agissait d’une explosion accidentelle), en réalité coupable à ses yeux d’être sociologue et de développer des recherches sur des « minorités » et des objets occultés (le génocide arménien) ou violemment réprimés (la question kurde). Présents au procès, nous avions formé l’espoir, à l’énoncé d’un quatrième verdict d’acquittement, qu’enfin justice serait définitivement rendue. Mais le procureur, au nom de l’État turc, fit appel. Deux ans plus tard, le 25 janvier 2017, le procureur de la Cour de cassation a une nouvelle fois requis la condamnation à perpétuité de Pinar Selek.

L’acharnement judiciaire contre la chercheuse a commencé en 1998, alors que les militaires avaient repris la main en évinçant, au nom de la laïcité, le premier ministre islamiste de l’époque. Faire des recherches sur les Kurdes, c’était s’opposer à ce que l’on appelle l’État profond (une partie de l’armée derrière le pouvoir civil). Lorsque les islamistes (improprement qualifiés à l’époque de modérés) sont revenus au pouvoir, l’acharnement contre Pinar Selek a repris de plus belle : elle représente tout ce qu’ils exècrent.

Le contexte actuel rend emblématique le calvaire judiciaire de Pinar Selek. Depuis le coup d’État manqué du 15 juillet dernier de la confrérie Gülen, le président turc Erdogan réprime en effet à tout-va, bien au-delà de ceux qui furent ses anciens alliés. Il fait arrêter (et révoquer lorsqu’il s’agit de fonctionnaires) magistrats, avocats, journalistes, universitaires qui n’ont aucun lien avec Gülen mais ont le tort de s’opposer à sa volonté de toute puissance.

Dans ce contexte de répression généralisée, soutenir Pinar Selek est plus que jamais essentiel. Devant l’inaction d’une Union européenne qui voit dans Erdogan un rempart contre les migrants, l’ASES et l’AFS réitèrent leur soutien à Pinar Selek et aux universitaires turcs, réaffirment leur attachement à la liberté d’enseignement et de recherche et invitent l’ensemble des collègues à prendre part aux diverses initiatives mises en place en ce sens : comités de soutien à Pinar Selek d’abord, dans chacune de nos universités, signature de la pétition réclamant son acquittement définitif lancée par son éditrice Liana Levi, et plus largement accueil de collègues turcs dans nos laboratoires et autres actions en leur faveur, par exemple via le programme PAUSE.

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