Candidatures et professions de foi (pour le CA de l'ASES 2026)

En vue de la prochaine AG de l'ASES (qui se tiendra le 30 mai prochain, 10h à Paris Cité, site des Grands moulins dans le 13e arrondissement), nous avons reçu les candidatures suivantes pour entrer au CA :

[EN COURS : les candidatures et les professions de foi arrivent progressivement jusqu'à l'AG...]

Entrées au CA 

Sofia Aouani

Une énième candidature à un postdoc à rendre dans l’urgence m’a empêchée d’écrire une vraie profession de foi. Ce qui constitue, au fond, une assez bonne introduction à l’état actuel de l’enseignement supérieur et de recherche.
Alors pourquoi rejoindre le CA de l’ASES ? Dernier état des lieux : un nombre ridicule de postes en sections 19 et 4, des coupes budgétaires au CNRS de 20 millions d'euros, burn-out militant du CLASHES, des appels aux dons de la part de revues en manque de financements, des déficits généralisés des universités, une proposition d'augmentation des droits d’inscription des étudiant·es étranger·es, des profs de sociologie jugés "moches, mal coiffés et aigris" et des étudiants de socio qu'on voudrait détourner vers l'apprentissage ou l'industrie.
Option 1 : m'amuser à calculer des indicateurs pour objectiver la crise de nos métiers (non, ce n’est pas pour ça que je suis en retard sur ce texte).
Option 2 : présenter ma candidature au CA de l’ASES pour défendre collectivement les recrutements, les conditions de travail, les espaces d’échange entre collègues et les sciences sociales dans l’enseignement supérieur et la recherche.
Bon, essayons l’option 2.

Auréliane Couppey 

Docteure en sociologie, ayant réalisé une thèse à l’EHESS entre 2019 et 2024, j’ai, comme tout le monde, pu observer depuis mon entrée dans le milieu de l’ESR la dégradation des conditions de travail et de recrutement, qui existe depuis des années et ne cesse de s’accélérer, mais aussi les réponses qui sont mises en place par des collectifs tels que l’ASES. J’ai grandement bénéficié de l’ASES et de ses actions et je souhaite aujourd’hui pouvoir jouer un rôle actif dans cette association, raison pour laquelle je souhaite présenter ma candidature au CA de l’ASES.
La recherche, en plus d’être un sport de combat, est un sport collectif et il me semble vital de pouvoir contribuer à animer et maintenir l’espace d’action, de soutien et de discussion que représente l’ASES. Pour cela, je souhaiterais m’impliquer dans la mesure du possible aux tâches de gestion de la liste et du site et participer plus généralement à la poursuite des réflexions engagées par l’ASES quant aux conditions de travail des non-titulaires et des titulaires et à la lutte contre la précarisation de l’enseignement et de la recherche.

Victor Coutolleau

Après une thèse en sociologie du couple soutenue en 2023, je travaille comme postdoctorant à l’OFCE-Sciences Po. Si je dispose du « luxe » d’un contrat rémunéré, je fais face comme beaucoup à la précarisation de nos conditions de travail. Outre le manque de postes pérennes, les « week-ends » et « congés » grignotés par les « petits projets en plus pour le CV », je suis également confronté, comme d’autres, à la délégation vers les précaires du « sale boulot » accompagnant de nouvelles normes de la recherche, en particulier les questions de protection des données et de préparation des dossiers d’évaluation éthique des projets. 
Dans le cadre de l’ASES, je souhaiterais en particulier participer à la mise en avant et à la problématisation politique de ce « sale boulot » : s’il devient de plus en plus nécessaire au déploiement des recherches en sociologie, son caractère extrêmement chronophage et technique n’est pas toujours bien reconnu, alors même qu’il empêche concrètement de se dédier à des taches plus valorisées et plus valorisables dans un CV académique. Mettre en avant ce travail permet, dans le même mouvement, de visibiliser les conditions de travail dégradées des collègues travaillant à l’appui à la recherche (administratif, DPD, assistants de recherche, etc.), qui elles et eux aussi se trouvent au bout de cette chaine de délégation.
Au-delà de cette volonté de participer à la problématisation du travail de mises en conformité RGPD et éthique, je souhaiterais également mettre « la main à la pâte » du fonctionnement logistique de l’ASES, et de la valorisation publique des métiers de sociologue. En particulier, le cadre de ma thèse m’a donné l’occasion de « procrastiner activement » par la création de visuels sur GIMP (notamment de spirales de Dubois), et je serais très heureux de mettre ce capital humain au service de l’association. 

Elodie Druez 

J’ai soutenu une thèse de sociologie politique en juin 2020 et je cumule les postdoctorats et les candidatures depuis lors, subissant directement – au même titre que nombre de jeunes chercheur·es – la forte précarisation que connaît l’ESR aujourd’hui. J’ai fait partie du syndicat des doctorant·es de Sciences Po au cours de mes années de doctorat, un engagement que j’aimerais poursuivre dans un nouveau collectif. Je souhaite ainsi présenter ma candidature au conseil d’administration de l’ASES afin de contribuer aux différentes actions menées par cette association et qui me tiennent particulièrement à cœur. En recherche d’un poste pérenne depuis maintenant près de six ans, je me sens très concernée par la dégradation des conditions de travail dans l’ESR, à commencer par celles des non-titulaires, ainsi que par l’absence de transparence dans les recrutements et par les diverses formes de violence et d’abus de pouvoir que le déficit de postes permanents favorise. De plus, parce que je travaille sur les questions raciales – une thématique qui fait régulièrement l’objet d’attaques médiatiques et politiques –, je suis également très attachée à la défense des libertés académiques promue par l’ASES et qui me semble d’autant plus urgente au regard de l’actualité politique récente. Pour ces différentes raisons, je serais heureuse de rejoindre ce collectif et de pouvoir prendre part à ses combats. 

Camille Gillet

Docteure en sociologie, ayant réalisé une thèse à Sorbonne Université et à Sciences Po entre 2019 et 2025, j’ai, depuis la soutenance de ma thèse multiplié les candidatures pour des postdocs avant d’obtenir un contrat d’un an pour un projet de recherche. Ce moment d’incertitude m’a fait prendre la mesure (et expérimenter) les difficultés rencontrées par les jeunes chercheur·ses face aux procédures de recrutement et aux conditions de travail dans l’ESR. 
Au cours de mon parcours doctoral, j’ai été élue au Conseil d’administration de mon université (Sorbonne Université) pendant un mandat, un engagement pour le collectif que je souhaiterai reprendre plus en lien avec ma discipline. J’ai par ailleurs, grandement bénéficié du collectif informel formé autour des doctorant·es de mon laboratoire, collectif humain précieux auquel je dois une grande partie de ma socialisation professionnelle. C’est dans la continuité de ces expériences collectives que je souhaite présenter ma candidature au conseil d’administration de l’ASES, afin de contribuer aux activités de l’association. 
De plus, travaillant sur les questions d’égalité de genre dans l’ESR, je souhaiterais particulièrement contribuer aux réflexions menées par l’ASES sur les discriminations, les traitements inégalitaires et les rapports de pouvoir dans le champ académique. Pour ces différentes raisons, je serais heureuse de rejoindre ce collectif. 

Aubrie Jouanno

Docteure en sociologie depuis quelques mois, je suis actuellement ATER à l'Université de Reims (avant d'enchainer sur un poste LRU) et rattachée au CRESPPA. J'ai réalisé ma thèse dans le cadre d'une CIFRE et ai pu mesurer à cette occasion les difficultés rencontrées par les jeunes chercheurs tant en termes de conditions de travail que de socialisation à la recherche (se former à l'expertise, jongler entre diverses casquettes, voir son autonomie contestée, etc.). Investie jusqu'à maintenant au sein de mon laboratoire, le CRESPPA, je souhaite désormais rejoindre l'ASES pour contribuer à la défense des conditions de travail dans l'ESR et des libertés académiques en m'impliquant dans les différentes activités menées par l'ASES. Je suis notamment intéressée par l'organisation des journées d'études, par les réflexions sur les conditions de recrutement et de travail dans l'ESR mais aussi sur les conditions d’encadrement des thèses et les inégalités de traitement des non-titulaires entre les différents laboratoires et écoles doctorales (fonds alloués, conditions matérielles, pression à la durée de la thèse, etc). 

Mathias Lenzi 

PRAG de sciences sociales au département de Sociologie de l’Université de Poitiers depuis septembre 2022, et particulièrement marqué par une première année en tant que contractuel (contrat LRU 404hEQTD), je m’efforce depuis d’être au cœur du collectif local et de faciliter l’articulation de nos différents statuts (vacataires, doctorant-es, ATER, docteur.es sans poste, PRAG/PRCE, MCF/PR…) et conditions de travail. En étant structurellement proche et prioritairement attentif à la défense de nos collègues placé·es dans les situations les plus précaires (mutualisation de supports de cours, soutiens…), je pense également que c’est une condition nécessaire pour continuer à défendre malgré tout une certaine exigence pédagogique et scientifique. C’est donc pour poursuivre ce travail au sein d’un collectif plus large que je propose ma candidature au CA de l’ASES. Enfin, j’aurai particulièrement à cœur de réaliser des projets en lien avec nos collègues du secondaire en SES (via l’APSES en particulier, à laquelle j’adhère en parallèle). Je pense effectivement qu’il est nécessaire d’amplifier solidairement le travail de défense des libertés académiques et pédagogiques ainsi que de diffusion des savoirs et méthodes sociologiques - ô combien importants dans le contexte politique actuel.

Alexis Louvion

Après un doctorat à l’Université Paris Dauphine obtenu en 2019, et deux ATER (en Université et en IUT), j’ai réalisé différents postdoctorats et exercé 3 ans comme sociologue en entreprise, tout en gardant une activité d’enseignement dans différentes institutions. Depuis février 2026, j’ai rejoint l’Université de Versailles Saint Quentin en Yvelines comme Professeur Junior CNRS (CPJ), un dispositif qui interroge par ailleurs les transformations de l’activité d’enseignant-chercheur et démontre l’opacification des parcours de titularisation. L’expérience de la précarité, notamment comme postdoctorant, celle de sociologue en entreprise et celle enfin de la stabilisation via un statut particulier, m’ont sensibilisé à la question des modes de régulation et d’encadrement des différentes phases de nos carrières. Je souhaiterais ainsi discuter, alimenter et documenter cette question dans le cadre d’un investissement à l’ASES. Au fil de ma trajectoire, j’ai en particulier eu une certaine expérience des espaces de la « recherche et de l’enseignement sans poste », et des difficultés qui se posent aux personnels précaires comme aux titulaires qui les recrutent et accompagnent leur travail. Au sein de l’ASES, j’aimerais réfléchir à la formalisation des conditions de travail des contrats courts (et en croissance), en particulier des postdoctorats, et contribuer à l’élaboration d’une charte clarifiant les attentes, exigences et marges de manœuvre des postdoctorant.es au sein des équipes et projets dans lesquelles ils et elles s’inscrivent. De même, j’aurais plaisir à m’investir dans la réflexion sur la diversité des espaces d’insertion professionnelle des chercheurs et chercheuses sans poste, et sur un recensement des possibilités de carrière pour les sociologues hors du monde académique.

Renouvellements

Aude Rabaud

En 2023, j’ai rejoint le CA de l’ASES et ai participé à la vie collective de cette association essentielle pour la défense de la sociologie, des libertés académiques et la lutte contre les inégalités dans l’ESR.
Le renouvellement de ma candidature au CA de l’ASES est motivée par ma volonté de poursuivre les discussions autour de notre métier d’EC : comment enseigner la sociologie, quelles conceptions et conduites de nos enseignements, quelles pratiques pédagogiques peuvent favoriser l’acquisition d’outils d'analyse et de réflexion critique, quel que soit le public étudiant auprès de qui nous enseignons, etc.) ? Je souhaite particulièrement m’investir et contribuer aux réflexions et actions de lutte contre les traitements inégalitaires et les discriminations dans le monde académique, notamment le racisme ou les inégalités de traitement en fonction de l’ethnicité et la religion en développant des liens avec d’autres associations actives dans ces domaines (RUSF, etc.).
Je continuerai en parallèle à participer aux différentes tâches et combats de l’association ainsi qu’à l’animation de ce précieux collectif.

Hugo Touzet

J’ai soutenu une thèse de sociologie en 2021 et suis actuellement postdoctorant au Cermes3. Je traverse, comme beaucoup, les difficultés liées à cette période de précarité, faite d’injonctions à multiplier les cours, les publications, les projets, les expériences, tout en cherchant des contrats et en consacrant un temps important à la préparation des concours de recrutement.

Depuis 3 ans, je suis membre du CA de l’Ases, dont je suis devenu co-secrétaire. J’ai trouvé dans cette association à la fois un outil très précieux de défense de notre métier et de ses conditions d’exercices, mais aussi un collectif humain formidable. Je souhaiterais donc prolonger mon engagement au sein du CA pour le mandat à venir, pour continuer de contribuer à l’animation et au développement de ce collectif et de ses projets. En particulier, j’ai à cœur de mener à bien le projet initié, notamment avec l’AFS, d’une production d’outils pour favoriser les liens entre sociologues et médias, et ainsi mieux diffuser les apports de notre discipline. Je souhaite également poursuivre mon implication dans l’organisation des journées d’études à venir. Enfin, si c’est un projet qui a pour l’instant été laissé de côté, j’aimerais relancer les réflexions autour de la mutualisation et du partage des supports d’enseignements.