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Pétition Concours CNRS 2017 : la sociologie déclassée, l’autonomie scientifique remise en cause

mer 14/06/2017 - 16:52

La section 36 du CNRS regroupe une vingtaine de sociologues (2/3) et de juristes (1/3), élu·e·s et nommé·e·s pour cinq ans pour évaluer et classer par ordre de mérite scientifique les candidat·e·s au métier de chercheur·e en droit et en sociologie. En 2017, trois postes de « chargé·e·s de recherche 2ème classe » (le grade habituel d’entrée dans la fonction de chercheur·e) ont été mis au concours. Fin mars 2017, à l’issue de la procédure d’évaluation effectuée par la section 36 siégeant en formation de jury d’admissibilité, deux sociologues ont été classés premiers ex-æquo, deux autres occupant les 4ème et 5ème places, et deux juristes étant classées en 3ème et 6ème position.

A l’issue de cette phase d’admissibilité, les propositions de classement des sections ont été examinées par un jury d’admission réuni au niveau de l’INSHS. Ce jury relève des disciplines de sciences humaines et sociales dans leur ensemble et compte également du personnel administratif. À la surprise générale, le 6 juin 2017, ce jury d’admission est allé à l’encontre de la décision du jury d’admissibilité de la section 36 en remaniant de fond en comble la liste des candidats admissibles : sur les six candidats classés, les quatre sociologues ont été exclus, ce qui constitue une remise en cause sans précédent du travail du jury d’admissibilité.

Alors que l’un des trois postes mis au concours n’a pas été attribué par le jury d’admission, les sociologues n’ont pas seulement été déclassé·e·s mais littéralement effacé·e·s de la liste complémentaire, ce qui témoigne d’une véritable volonté de ne pas attribuer de poste à cette discipline. Sans la moindre explication, en une demi-journée, le jury d’admission s’est substitué au jury d’admissibilité et a remis en cause un travail collégial de plusieurs mois d’évaluation de plus de deux cents projets de recherche et dossiers de candidature, puis d’audition d’une cinquantaine de candidat·e·s.

Jamais un jury d’admission n’avait désavoué avec une telle ampleur le travail du jury d’admissibilité. Cette décision constitue :

- une atteinte grave et sans précédent à l’autonomie scientifique de la section, un déni de la légitimité de ses membres – et, du même coup de celle de l’ensemble de la communauté scientifique dont ils sont l’émanation –, et plus généralement du principe fondamental de l’évaluation par les pairs ;
- une attaque de la sociologie en tant que discipline scientifique ;
- un discrédit qui entache les concours d’entrée au CNRS ;
- un très mauvais signal envoyé aux candidat·e·s aux métiers de la recherche et de l’enseignement supérieur dans un contexte de raréfaction des postes et de précarisation croissante ;
- un préjudice inacceptable pour les deux candidats classés en rang « utile » puis exclus du concours, qui ont cru à la fin tant espérée de plusieurs années de précarité et ont vu leurs espoirs déçus par une décision incompréhensible.

Nous demandons donc à la direction du CNRS la révision de cette décision.

 

Liste des signataires et pétition en ligne ici :


https://www.change.org/p/pr%C3%A9sident-du-cnrs-concours-cnrs-2017-la-sociologie-d%C3%A9class%C3%A9e-l-autonomie-scientifique-remise-en-cause?recruiter=88673926&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink&utm_campaign=share_petition

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Recrutements au CNRS en section 36 - informations déclassements

sam 10/06/2017 - 16:47

Chèr·e·s collègues,

Vous êtes nombreux·ses à avoir été surpris·es des résultats de l’admission au concours d’entrée au CNRS en section 36 (sociologie et droit) au grade de CR2. Nous rappelons les résultats du jury d’admissibilité, publiés le 3 avril :

GROSSETETE Matthieu

Admissible classé n° 1

OUALHACI Akim

Admissible classé n° 1

GAMBARDELLA Sophie

Admissible classé n° 3

GROS Julien

Admissible classé n° 4

MEURET-CAMPFORT Eve

Admissible classé n° 5

MAHALATCHIMY Aurélie

Admissible classé n° 6

Et les résultats d’admission, publiés ce 6 juin :

GAMBARDELLA Sophie

Classé n° 1 sur liste principale

MAHALATCHIMY Aurélie

Classé n° 2 sur liste principale

Le jury d’admissibilité est composé des membres de la section 36 du CNRS. Ces membres sont pour partie élu·e·s par la profession et pour partie nommé·e·s. La section est composée de 7 juristes et de 13 sociologues. Les membres du jury d’admission sont nommé·e·s par le président du CNRS et relèvent de multiples disciplines des sciences humaines. Aucun membre du jury d’admissibilité n’y siège. La discipline sociologique y est faiblement représentée et, à ce jour, nous ne disposons d’aucun témoignage direct de ce qui s’y est passé.

Ainsi, cette année le classement proposé par la section a été largement remis en cause par le jury d’admission. On est passé d’une liste de six noms à une liste de deux noms pour un concours où trois postes étaient ouverts. Tou·te·s les sociologues, initialement 1ers ex-aequo, 4ème et 5ème, ont été exclu·e·s du classement. Aucune liste complémentaire à celle des deux juristes n’a été retenue (en cas de désistement de l’une de ces candidates, personne ne pourra donc bénéficier du poste).

Le jury d’admission s’est ainsi substitué au jury d’admissibilité, dont le travail de longue haleine (212 dossiers, 58 auditions sur cinq jours, une journée de délibération) a été totalement désavoué. En proposant un nouveau classement radicalement différent de celui du jury d’admissibilité, excluant une discipline et sans liste complémentaire, le jury d’admission est visiblement sorti de son rôle habituel.

Cet évènement intervient alors que la section 36 vient d’être renouvelée et largement élue. Il constitue une attaque évidente au principe d’évaluation par les pairs et de recrutement sur des critères scientifiques. Il témoigne d’un mépris intolérable pour les candidats qui pouvaient légitimement espérer un poste de chercheurs titulaires après plusieurs années de précarité.

Nous, membres du comité de liaison SNCS de la section 36 du CNRS, de l'ASES et de l'AFS, tenons à témoigner notre solidarité à ces candidats ainsi qu’à l’ensemble des candidat·e·s aux métiers de la recherche et de l’enseignement supérieur. L'ensemble des syndicats et des associations professionnelles se mobilisent actuellement pour obtenir des informations et réagir à cet évènement, et défendre ainsi le principe de recrutements justes et transparents dans nos métiers.

 

 
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Des universités publiques en sous-effectifs face à un nombre d’étudiants en constante augmentation

lun 08/05/2017 - 13:53

A l’heure où sont connus le nombre de postes de maîtres de conférences au concours, le nombre de docteur-(e)-s qualifiés par le CNU et les vœux exprimés sur le portail APB, l’ASES ne peut que réitérer son inquiétude face à la gravité de la situation de l’enseignement supérieur public : -

  • Les données collectées par le portail APB confirment « l’attractivité des filières universitaires : + 13,6 % par rapport à 2016 pour les admissions en licence »[1].
  •  La session synchronisée sur le portail galaxie recense 27 postes de MCF au concours (en section 19 dont 10 postes en « bi-sections » avec la 19 en 1er). Ce chiffre est en dessous de la moyenne observée sur la période 2010-2015. -
  • Le nombre de candidats qualifiés cette année par le CNU est de 184 en section 19 (d'après les listes disponibles sur le site le MESR). Précisons, en outre, que le nombre annuel de candidats qualifiés ne tient pas compte du cumul des candidats qualifiés lors des sessions précédentes (à cet égard, il serait utile d'isoler la part des nouvelles demandes de qualification consécutives à l'expiration des 4 années de validité).

N’importe quel collègue participant aux comités de sélection à venir ne pourra que constater la qualité scientifique et pédagogique des dossiers de candidature. Par conséquent, l’ASES déplore qu’une part significative des collègues non titulaires, dont beaucoup assurent nombre d’enseignements comme vacataires ou doctorants contractuels, soient confrontés à des difficultés croissantes d’accès au statut leur garantissant la stabilité nécessaire à l’exercice du métier d’enseignant-chercheur.

Le C.A de l'ASES

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Philippe AGHION préconise la suppression du CNU

lun 20/02/2017 - 15:13

Dans un article de l’Express n°3424 (p.27), Philippe AGHION officialise son engagement au sein de l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron. Chacun est bien évidemment libre de ses engagements, mais parmi les projets évoqués par Philippe AGHION, la suppression du Conseil national des universités (CNU) figure en bonne place. Déjà mobilisé en 2013 lorsqu’un amendement du Sénat avait menacé de supprimer cette institution, l’ASES souhaite rappeler son attachement au CNU qui est une des dernières institutions nationales véritablement collégiale. En outre, le CNU participe d’une conception de l’enseignement supérieur comme « service public » dans lequel les enseignants-chercheurs sont recrutés par un concours national qui justifie leur appartenance aux corps de la fonction publique. La proposition avancée par M.AGHION constitue donc une étape supplémentaire dans la dérégulation de l’enseignement supérieur depuis la loi LRU de 2008.

Le C.A de l'ASES

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PEDR - L'ASES invite tous les collègues à déposer une demande

ven 17/02/2017 - 16:11

L’application ELARA consacrée au dépôt des demandes de PEDR est ouverte depuis le 14 février. Elle sera close le 7 mars à 16h. La PEDR est une prime d'encadrement doctoral et de recherche qui peut être demandée par tous les enseignant(e)s-chercheur(e)s titulaires quel que soit leur grade (MCF ou PU) ou leur ancienneté …

Bien qu’elle soit accessible à toutes et tous, certains profils restent très nettement sous-représentés dans les candidatures. En témoigne les données communiquées par la DGRH de l’ESR pour la campagne 2015 (disponible ici ) : « 29% des candidatures sont déposées par des femmes alors qu’elles représentent 37% des enseignants‐chercheurs. Les femmes sont principalement sous‐ représentées parmi les MCF de classe normale (10 points d’écart par rapport à la proportion totale de femmes MCF de classe normale), en particulier en Lettres‐Sciences humaines ». "Plus on avance dans la hiérarchie des PR et moins il y a de candidates à la PEDR. Elles représentent 28% des candidats parmi les PR de 2ème classe, 24% chez les PR de 1ère classe, 17% chez les PR de classe exceptionnelle au 1er échelon et 14% chez les PR de classe exceptionnelle au 2nd échelon. » "En comparaison avec l’ensemble des enseignants‐chercheurs en activité en France en 2015, les candidats à la PEDR sont sous‐représentés parmi les MCF (on dénombre 61% de MCF parmi l’ensemble des enseignants‐chercheurs au niveau national), mais surreprésentés parmi les PR (27%)".

"Rapportés à l’ensemble des enseignants‐chercheurs en activité en France en 2015, les MCF et assimilés (9%) candidatent près de deux fois moins que les PR et assimilés (16%)".

L’ASES encourage l’ensemble des collègues à déposer une demande de candidature à la PEDR. L’association s’est longtemps opposée, aux côtés et au sein du CNU 19, à cette prime individuelle dite d’excellence qui diffuse avec autorité une vision individualiste de la recherche et de l’enseignement dont on sait combien ils sont en réalité fondés sur la coopération et la collégialité entre pairs. Mais force est de constater qu’aujourd’hui, sa mise en place contribue à creuser les inégalités de rémunération et de conditions de travail au sein de la communauté. Pour lutter contre cette montée en puissance des écarts, il faut à présent lutter contre les effets d’autocensure qui contraignent les « évaluateurs » à ne retenir et ne consacrer que les dossiers déjà les plus « autorisés » et les plus distingués par ailleurs.

Nous invitons l’ensemble des collègues à faire exister, par leur acte de candidature, la diversité des modes d’exercice de notre métier dans nos universités et nos établissements.

Vous trouverez sur le site de l'ASES le rapport d’activité du CNU 19 consacrée (entre autres choses) à la PEDR. Nous vous invitons également à consulter la page Galaxie consacrée à la PEDR, page sur laquelle vous trouverez également les critères affichés par les différents établissements de l’ESR pour les procédures d’attribution : https://www.galaxie.enseignementsup-recherche.gouv.fr/ensup/cnu_PEDR.htm

 

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