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07 juin 2022

Professions de foi, éléctions CA ASES 18-06-22

Hugo Bréant

 

En 2020, j'ai activement participé à la mobilisation contre la LPR, notamment au sein du Collectif des précaires que nous avions créé à l'Université de Rouen. La crise sanitaire a brutalement stoppé ce mouvement et a instauré un isolement qui se prolonge malheureusement encore aujourd'hui dans nombre de nos pratiques d'enseignement et de recherche... Plus que jamais, je suis convaincu de la nécessité de refaire collectif dans un contexte de plus en plus difficile dans l'ESR ! C'est pour cette raison que je présente ma 1ère candidature au CA de l'ASES.

Ces dernières années, la sélection, la mise en concurrence et les réductions budgétaires permanentes nous touchent toutes et tous, des étudiant∙es en premier lieu aux enseignant∙es-chercheur∙es, chercheur·es, ingénieur∙es et personnels administratifs de nos établissements. Les constats deviennent accablants : les conditions de travail et d’études se dégradent sensiblement, l’idée même d’un service public de l’enseignement supérieur et de la recherche est de plus en plus remis en question et l'ESR se maintient à flot grâce aux sacrifices et aux souffrances individuelles qui se généralisent. À cela s’ajoute des attaques médiatiques, politiques et institutionnelles répétées contre la sociologie, qui vont de l’annulation de colloques (Lubrizol) à de véritables appels aux relents maccarthystes (« Observatoire » du décolonialisme), en passant par les déclassements de candidat∙es (CNRS 36). Face à cela, l’atomisation des collectifs de travail rend difficiles la mise en place d’actions communes d’envergure…

Cette précarisation constante concerne toutes et tous les personnels et usager∙es de l’ESR, mais elle place de plus en plus souvent en première ligne les jeunes chercheur·es, qui sont soumis·es à des exigences toujours plus intenables pour obtenir un poste et à une inventivité exponentielle pour créer des statuts précaires (ATEN, MCF LRU, CDI de mission, chaires junior, etc.). Il me semble donc important que le CA puisse compter en son sein un∙e ou plusieurs jeunes chercheur·es non titulaires.

Depuis le début de ma thèse, j'ai connu beaucoup d'institutions (Paris 1, Dauphine, Rouen, ENS, Ined), de collectifs de travail et surtout de statuts variés : doctorant contractuel, ATER à mi-temps, chômeur, vacataire avec un emploi parallèle, post-doctorant, etc. À la fin de l’année 2022, mon contrat postdoctoral s’achèvera. Et si je n’ai aucune certitude pour la suite, je sais en revanche que je voudrais m’impliquer directement dans les activités précieuses de l’ASES, des tâches de gestion et de veille plus quotidiennes (listes de diffusion, Wikis, etc.) aux réflexions collectives sur nos activités pédagogiques.

PS : je ne pourrai malheureusement pas être des vôtres pour l’AG du 18 juin, mais je laisse Fanny Jedlicki répondre à vos éventuelles questions et j’espère vous retrouver bientôt pour débuter ce travail commun au sein du CA.

 

Angeliki Drongiti

Depuis mon inscription en thèse en 2011, soutenue en 2019, j’ai connu toutes les façades possibles de la précarité : doctorat sans financement, boulots alimentaires (bien au pluriel), intervenante contractuelle auprès des instituts de formation en travail social, vacataire dans une dizaine d’établissements, ATER, chômeuse. Je suis actuellement dans la période la moins précaire de ma vie professionnelle : j’ai un post-doc de deux ans. Mes mésaventures financières et administratives ne sont qu’un exemple parmi d’autres, nous sommes nombreux et nombreuses à disposer de CV d’excellence… à la précarité.

En parallèle de la précarisation accrue de notre métier, les dernières années nous assistons également à des attaques inédites de toute sorte - médiatiques, financières, institutionnelles - contre les sciences sociales. Le décor de la misère se complète par des tentatives de dévalorisation des analyses sociologiques, des réformes consécutives sans aucun sens qui déstabilisent et détériorent le fonctionnement des institutions académiques, de la souffrance généralisée de tout public académique (étudiant·e·s, BIATSS, titulaires, non-titulaires, doctorant·e·s, post-doc, etc.). Nous sommes aussi tous et toutes fatiguées et découragées puisque nos luttes n’ont pas (pour le moment) abouti à une amélioration pérenne de la situation de l’ESR.

Si nous souhaitons défendre notre métier des menaces extérieures, des réformes néo-libérales, il est également nécessaire de prendre soin de son intérieur. Il est indispensable que nous réunissions nos forces pour garantir de meilleures conditions de travail à tous et à toutes, agir contre les inégalités diverses (d’accès à l’ESR, inégalités liées au genre, au handicap), lutter pour l’autonomie scientifique et les libertés académiques, pour abolir tous types de violences sexistes et sexuelles au sein de l’ESR.

Malgré la réalité triste et frappante et malgré la lourdeur de la tâche, nous faisons partie d’une communauté qui résiste, qui revendique, qui s’exprime, qui lutte pour la transparence et pour l’égalité. Face à la frustration des luttes précédentes perdues ou inabouties, seules nos activités fédératrices et nos résistances collectives et transversales peuvent nous donner la force de continuer de mener notre métier et défendre notre communauté professionnelle.

Je suis convaincue par mes engagements antérieurs aux mobilisations des précaires et aux collectifs des doctorant·e·s, que la solidarité est une véritable arme de résistance et qu’il est nécessaire de faire face ensemble. C’est pour cela que je souhaite rejoindre les membres du CA de l’ASES, pour défendre notre beau métier et pour lutter pour sa prospérité. Dans cette perspective, en parallèle d’autres activités vitales de l’association des sociologues enseignant·e·s du supérieur, je souhaiterais mettre en place une enquête sur la souffrance et les risques psycho-sociaux au travail de l’ESR.

 

Benjamin Farhat

Maître de conférences à l’UPEC et à l’INSPE de Créteil, représentant du collège de sociologie de l’INSPE de Créteil, je présente ma candidature au C.A de l’ASES afin de pouvoir m’investir pleinement dans les activités l’association, en participant notamment aux réunions bimensuelles du C.A.

Après avoir occupé et accumulé pendant dix années des postes d’agent contractuel en tous genres, au sein d’une dizaine d’universités, après avoir partagé l’expérience de nombreux collègues et acteurs de la recherche en sociologie, je souhaite, par cette candidature, contribuer aux efforts menés par l’ASES pour lutter contre les inégalités, pour améliorer les conditions de travail des personnels de l’ESR,  en participant aux ateliers de réflexion et de formation, ou encore en œuvrant à la transparence des recrutements et à la diffusion des informations.

C’est dans cette perspective que je me propose de poursuivre et d’enrichir, avec les membres de l’ASES, une réflexion pédagogique engagée sur les pratiques professionnelles dans l’enseignement supérieur, en matière de conception et de conduite des enseignements, d’évaluation et de notation, en contribuant à l’organisation de journées pédagogiques. Je serai également intéressé de pouvoir aider à réaliser le wiki dédié aux recrutements ou encore contribuer à la gestion du site ou des réseaux sociaux de l’ASES (Facebook, Instagram). Enfin, je souhaiterais poursuivre la réflexion et les actions autour de la sensibilisation et de la détection des différentes formes de plagiats dans le travail universitaire.

 

Violaine Girard

Maîtresse de conférences au département de sociologie de l’Université de Rouen Normandie depuis plus d’une dizaine d’années et membre du laboratoire Dysolab, les activités de l’ASES constituent à mes yeux autant de moments indispensables d’information, de réflexion et de mobilisation au vu des transformations en cours de l’université, des évolutions continues et récurrentes des conditions de travail et des conditions d’emploi dans les collectifs enseignants, comme des conditions d’étude des étudiant-e-s. Au fil d’un mandat syndical de quatre années au comité technique de mon université, j’ai été convaincue de la nécessité de disposer d’outils d’objectivation et de partage d’informations, entre collègues sociologues, sur la multiplication et la précarisation des statuts, sur la diversité des conditions d’exercice des missions d’enseignement et de recherche.

Consciente de la nécessité de refaire collectif dans des espaces d’échanges et d’engagement, je souhaite apporter ma contribution aux activités de l’ASES en présentant ma candidature au CA de cette association, qui offre un espace d’organisation pour se saisir des enjeux qui se posent sur le plan disciplinaire et sur celui de l’avenir de l’enseignement supérieur et de la recherche (contraintes pesant sur les pratiques pédagogiques, effets des diverses réformes de l’ESR, conditions de travail, etc.). C’est pourquoi j’espère pouvoir contribuer à la suite des actions déjà initiées par l’ensemble des membres de l’ASES.

 

Elie Guéraut

Depuis 2021, je suis maître de conférences au département de sociologie de l’Université Clermont Auvergne et membre du laboratoire Lescores. J’ai eu la chance, durant mon parcours académique, de connaître des établissements d’enseignement supérieur et de recherche divers : les départements de sociologie des universités Paris 5, Paris 8, de Nantes, de Strasbourg, d’AES et d’urbanisme et d’aménagement de Paris 1, mais aussi des institutions de recherche mieux dotées telles que l’Ined et l’Inrae. J’ai par ailleurs connu un certain nombre de statuts – vacataire, doctorant contractuel, postdoctorant, Ater – qui me permettent aujourd’hui d’avoir une expérience diversifiée de l’ESR et notamment de la précarité prolongée qui touche nombre de jeunes collègues. Aujourd’hui titulaire dans une « petite université » avec peu de moyens (université Clermont Auvergne), je suis également sensible aux contraintes qui pèsent sur les perdants de la politique « darwinienne » que les dernières réformes de l’ESR cherchent à imposer.

Je souhaite proposer ma candidature dans l’objectif de soutenir les actions collectives menées par les associations professionnelles contre la précarisation de notre milieu, pour la transparence des recrutements et pour une égalité des conditions d’enseignement et de recherche entre les différentes universités et les EPST. Par ailleurs, en tant que responsable de licence et d’un département de sociologie, je me propose de participer aux réflexions menées au sein de l’Ases sur les modalités d’enseignement de la sociologie, sur les débouchés professionnels de nos étudiants, et plus généralement sur la défense de notre discipline, dont la légitimité est régulièrement attaquée.

 

Francis Lebon

Professeur en sciences de l’éducation à l’Université Paris Cité, j’ai été auparavant chargé d’études à l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (2007-2008) puis maître de conférences à l’UPEC (2008-2019).

Sociologue (CERLIS) enseignant dans un département des sciences de l’éducation, je souhaite contribuer, au sein de l’ASES, aux débats sur les questions pédagogiques, scientifiques et professionnelles liées à la sociologie.

Je souhaite plus largement contribuer à la défense de l’autonomie de la discipline qui est régulièrement remise en cause, politiquement et en raison d’un mode de gestion néolibéral qui contribue notamment à précariser les personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche.

 

Myrtille Picaud

Post-doctorante en sociologie et bientôt admise comme chargée de recherche au CNRS, je souhaiterais rejoindre l’ASES afin de contribuer à son action sur plusieurs thématiques. Premièrement, cela me tient à coeur de lutter contre la dynamique de précarisation croissante dans l’enseignement supérieur et la recherche. Je viens d’obtenir un poste de titulaire cinq ans après ma soutenance de thèse, même si j’ai eu la chance de réaliser quatre post-doctorats et donc d’avoir des conditions matérielles relativement bonnes par rapport à d’autres collègues. Mais je reste très sensible à la question de la dégradation des conditions de travail, de l’insertion professionnelle des docteur-es et des inégalités diverses qui structurent les trajectoires professionnelles. Il est essentiel de continuer de lutter sur le nombre de postes dédiés à l’ESR, dans les différentes composantes et pour l’ensemble des catégories de personnels qui contribuent à l’enseignement et à la recherche. Ces questions touchent également le recours massif aux vacataires dans les universités, la dégradation générale des conditions de travail et la mise en concurrence croissante des sites et des individus.

Deuxièmement, il me semble important de poursuivre le chantier engagé par l’ASES sur la transparence et l’analyse des recrutements (wiki, analyse de trajectoires et de dossiers en lien avec l’ANCMSP, etc.), afin de produire des outils pour visibiliser et réduire les inégalités qui structurent nos propres mondes professionnels, par rapport à l’origine sociale, ethno-raciales, genrées, géographiques, âge, institutionnelles. J’aimerais également initier une réflexion sur les postes de non-titulaires occupés dans l’ESR par les doctorant-es, et particulièrement les docteur-es, en tant que chargé-es de recherche ou d’enseignement contractuel-les, ingénieur-es d’étude et de recherche, post-doctorant-es, afin de mieux rendre compte de la variété des statuts, rémunérations et conditions de travail, des inégalités et des rapports de dépendance très forts qui caractérisent cette période de précarité et d’insertion incertaine dans l’ESR. Alors que ces types d’emplois sont amenés à se multiplier, l’ASES pourrait contribuer à la réflexion sur l’unification des pratiques et des statuts dans ce domaine. Il y a beaucoup de chemin à parcourir pour tendre vers davantage d’autonomie et d’égalité, à rebours des définitions du post-doctorat récemment données par la Loi de programmation de la recherche (LPR), qui accroissent les inégalités déjà existantes dans les parcours post-thèse (le post-doctorat ne concerne désormais que les personnes ayant soutenu leur thèse il y a moins de trois ans).
Troisièmement, j’aimerais contribuer aux actions de lutte contre les violences au sein de notre univers professionnel, et notamment les violences sexuelles et sexistes. Ces phénomènes ne peuvent être qu’accrus par la précarisation et la dépendance croissantes, citées précédemment. Une association professionnelle telle que l’ASES me semble avoir un rôle central à jouer dans la réduction de ces violences, à travers des actions de visibilisation et d’information, mais aussi la mise en oeuvre de procédures et de pratiques concrètes pour les limiter, en partenariat avec d’autres associations actives dans ces domaines. Les inégalités et les rapports de domination font partie des enjeux que les sociologues observent dans leurs enquêtes. Nous devrions logiquement pouvoir nous saisir de ces outils pour faire avancer ces questions dans nos propres rapports professionnels.

Finalement, dans un contexte de remise en question politique du rôle et des apports de la sociologie, j’aimerais également participer aux réflexions de l’ASES sur la diffusion et la communication de nos travaux en dehors de l’ESR, dans l’enseignement secondaire, mais aussi sous d’autres formats que ceux habituellement privilégiés par nos normes professionnelles. 

 

Claire Piluso

Je suis maitresse de conférence à l’Université de Haute Alsace depuis septembre 2021, j’ai été recrutée au sein d’une filière STAPS, dans une petite université de province. J’ai réalisé ma thèse sans financement en effectuant différents boulots alimentaires n’ayant pas toujours de lien avec l’enseignement et la recherche. Je me suis mobilisée contre la LRU, la loi ORE, puis la LPR.

J’ai été recrutée dans une université où les demandes de transformations pédagogiques sont très fortes : hybridation des enseignements présentée comme solution à la massification de l’enseignement supérieur, pédagogie dite « par projet », approche par compétence pour transformer les universités et « professionnaliser » les étudiants et les offres de formation, etc.

Dans ce contexte, les demandes de tri des savoirs se développent et on se retrouve à devoir (une fois encore) justifier la pertinence et l’intérêt de la sociologie dans des formations universitaires.

Mon poste de sociologue en STAPS est un point d’observation privilégié des situations exacerbées de dévalorisation de la discipline dans une université où les sciences sociales sont peu présentes et où les confits de légitimité entre disciplines ont des effets sur les conditions de travail et les contenus des enseignements ; tout comme c’est un point d’observation des disqualifications qui pèsent sur la sociologie et les résultats des sciences sociales dans les possibilités de mieux comprendre le monde dans lequel nous sommes.

Je souhaiterai pouvoir rejoindre le collectif de l’ASES et participer à ce tout ce que défend l’association (luttes contre toutes les formes d’inégalités à tous les niveaux de l’université, défense de la sociologie

 

Vincent Gay

Je suis maitre de conférences en sociologie à l’Université Paris Cité depuis 2017 (ex université Paris 7 Denis Diderot). J’ai travaillé auparavant dans le 2nd degré, comme documentaliste.

J’ai toujours suivi les activités de l’ASES et ai reconnu l’importance d’une telle association à même de porter une voix collective de sociologues, car notre discipline (et elle n’est pas la seule) est au cœur des attaques néolibérales contre l’Université et des discours de suspicion portés envers les sciences sociales.

Je pense par ailleurs nécessaire que se développe une association qui ne soit pas seulement tournée vers la profession des sociologues mais puisse tisser des liens avec d’autres associations professionnelles, et articuler son activité avec celle des revues des sciences sociales, mais aussi se situer au contact d’organisations syndicales, notamment lorsque se posent des problèmes de déclassement au CNRS ou encore à propos de la précarité dans l’ESR.

Au-delà de cette activité « politique » de l’ASES, cette association, en lien avec l’AFS, a un rôle à jouer dans les réflexions collectives sur le métier d’enseignant-chercheur, en particulier concernant les enjeux pédagogiques.

Pour ces raisons, j’ai à cœur de contribuer à l’activité et au développement de l’ASES, et ce titre je dépose ma candidature pour le CA de l’association.

 

 

 

 

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