• Communiqué interassociatif ASES-AFS-AECSP-ANCMSP sur les libertés académiques

    Communiqué interassociatif ASES-AFS-AECSP-ANCMSP sur les libertés académiques

     

    En tant qu'associations professionnelles, l'Association des sociologues de l'enseignement supérieur (ASES), l'Association française de sociologie (AFS), l’Association des enseignants et chercheurs en science politique (AECSP) et l’Association nationale des candidats aux métiers de la science politique (ANCMSP) s'inquiètent des récentes attaques à l'encontre des libertés académiques : annulations ou tentatives d'annulation de journées d'études ou colloques, obligation de soumettre ses interventions publiques au « service de la communication » de l’université (la procédure a été suspendue suite à une rapide mobilisation de syndicats et d’élu-e-s dans les conseils centraux), suppression des fonds pour certaines thématiques, etc.

    Ces attaques récentes font suite à des entreprises de décrédibilisation de nos disciplines : par exemple, "culture de l'excuse" et "sociologisme" au sujet de la sociologie sont autant de formules qui témoignent des attaques qui vont bon train contre les disciplines relevant principalement, mais pas seulement, des sciences humaines et sociales.

    Au regard des faits récents dont nous avons eu connaissance dans plusieurs universités (Strasbourg, UPEC et Lyon 2), ces attaques nous semblent prendre maintenant une tournure particulièrement inquiétante et ayant un impact direct sur le travail de nos collègues, soumis à des pratiques de contrôle croissantes allant à l'encontre des libertés académiques. Cette liberté académique renvoie à l'essence même de l'université et de la recherche comme institutions "autonomes" : des espaces de controverses à l'écart des enjeux politiques et marchands, et dont les objectifs sont d’abord analytiques.

    L’ASES, l’AFS, l’AECSP et l’ANCSMP tiennent à rappeler que les concepts élaborés et discutés, débattus, parfois avec âpreté, dans ces disciplines (par exemple : classe, race, genre, reproduction sociale, institutions...) sont des outils scientifiques de décryptage, d'analyse et de réflexions sur nos sociétés. Qu'ils aient pour certains une charge critique est indéniable, mais ce sont avant tout les publications, les communications et les rencontres scientifiques qui constituent les arènes de débats et de controverses légitimes et régulées, notamment par des normes académiques partagées.

     

    Nos associations expriment leur indignation et leur inquiétude face aux tentatives réitérées de contrôle des libertés académiques.

     

     

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  • Contre la censure à l’université, défendre les libertés académiques

    Par Un collectif d'associations et Un collectif d'universitaires — 13 octobre 2017 à 08:31

    http://www.liberation.fr/debats/2017/10/13/contre-la-censure-a-l-universite-defendre-les-libertes-academiques_1602703

    Après l'annulation du colloque «Lutter contre l'islamophobie», à Lyon-II, plus de 300 chercheurs et associations s'alarment, dans «Libération», des «intimidations» visant à «interdire la diffusion et la mise en discussion de la recherche».
     

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  • Procédures « bâillons » : la cour d'appel de Paris au soutien de la liberté d'expression des chercheurs

    Le Monde, 3 octobre 2017 - par  Pascale Robert-Diard

    La société Chimirec a perdu, vendredi 28 septembre, le procès en appel qu'elle avait intenté à l'universitaire Laurent Neyret pour diffamation, à la suite d'un article publié dans une revue juridique Pascale Robert-Diard. En publiant dans une revue juridique, en juin 2014, un commentaire de cinq pages sur le jugement de condamnation rendu par le tribunal de Paris à l'encontre de la société Chimirec, pour diverses pratiques contraires à la réglementation sur le traitement desdéchets, l'enseignant-chercheur Laurent Neyret n'imaginait pas qu'il allait se retrouver à son tour devant la justice.

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  • Une petite proposition de lecture estivale, dans la continuité de la journée ASES sur "L'évaluation par les pairs"

    Une petite proposition de lecture estivale, dans la continuité de la journée sur "L'évaluation par les pairs", organisée par l'ASES en mars dernier : 

    Laillier, Joël, and Christian Topalov. “Qui organise l’évaluation dans les sciences humaines et sociales en France ?, Who organizes evaluation in the French social sciences and humanities? An inquiry into academic careers.” Sociologie 8, no. 2 (July 25, 2017): 199–220

    Disponible sur cairn : https://www.cairn.info/revue-sociologie-2017-2-page-199.htm

     

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Dossiers

CNU 19

En 2016, l'ASES a soutenu les listes présentées par le Snesup-FSU dans le cadre des élections présidant au renouvellement des membres du CNU de la 19e section (sociologie, démographie). Plusieurs membres de ...
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13 octobre 2017

Communiqué interassociatif ASES-AFS-AECSP-ANCMSP sur les libertés académiques

Communiqué interassociatif ASES-AFS-AECSP-ANCMSP sur les libertés académiques

 

En tant qu'associations professionnelles, l'Association des sociologues de l'enseignement supérieur (ASES), l'Association française de sociologie (AFS), l’Association des enseignants et chercheurs en science politique (AECSP) et l’Association nationale des candidats aux métiers de la science politique (ANCMSP) s'inquiètent des récentes attaques à l'encontre des libertés académiques : annulations ou tentatives d'annulation de journées d'études ou colloques, obligation de soumettre ses interventions publiques au « service de la communication » de l’université (la procédure a été suspendue suite à une rapide mobilisation de syndicats et d’élu-e-s dans les conseils centraux), suppression des fonds pour certaines thématiques, etc.

Ces attaques récentes font suite à des entreprises de décrédibilisation de nos disciplines : par exemple, "culture de l'excuse" et "sociologisme" au sujet de la sociologie sont autant de formules qui témoignent des attaques qui vont bon train contre les disciplines relevant principalement, mais pas seulement, des sciences humaines et sociales.

Au regard des faits récents dont nous avons eu connaissance dans plusieurs universités (Strasbourg, UPEC et Lyon 2), ces attaques nous semblent prendre maintenant une tournure particulièrement inquiétante et ayant un impact direct sur le travail de nos collègues, soumis à des pratiques de contrôle croissantes allant à l'encontre des libertés académiques. Cette liberté académique renvoie à l'essence même de l'université et de la recherche comme institutions "autonomes" : des espaces de controverses à l'écart des enjeux politiques et marchands, et dont les objectifs sont d’abord analytiques.

L’ASES, l’AFS, l’AECSP et l’ANCSMP tiennent à rappeler que les concepts élaborés et discutés, débattus, parfois avec âpreté, dans ces disciplines (par exemple : classe, race, genre, reproduction sociale, institutions...) sont des outils scientifiques de décryptage, d'analyse et de réflexions sur nos sociétés. Qu'ils aient pour certains une charge critique est indéniable, mais ce sont avant tout les publications, les communications et les rencontres scientifiques qui constituent les arènes de débats et de controverses légitimes et régulées, notamment par des normes académiques partagées.

 

Nos associations expriment leur indignation et leur inquiétude face aux tentatives réitérées de contrôle des libertés académiques.

 

 

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13 octobre 2017

Contre la censure à l’université, défendre les libertés académiques

Par Un collectif d'associations et Un collectif d'universitaires — 13 octobre 2017 à 08:31

http://www.liberation.fr/debats/2017/10/13/contre-la-censure-a-l-universite-defendre-les-libertes-academiques_1602703

Après l'annulation du colloque «Lutter contre l'islamophobie», à Lyon-II, plus de 300 chercheurs et associations s'alarment, dans «Libération», des «intimidations» visant à «interdire la diffusion et la mise en discussion de la recherche».
 

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04 octobre 2017

Procédures « bâillons » : la cour d'appel de Paris au soutien de la liberté d'expression des chercheurs

Le Monde, 3 octobre 2017 - par  Pascale Robert-Diard

La société Chimirec a perdu, vendredi 28 septembre, le procès en appel qu'elle avait intenté à l'universitaire Laurent Neyret pour diffamation, à la suite d'un article publié dans une revue juridique Pascale Robert-Diard. En publiant dans une revue juridique, en juin 2014, un commentaire de cinq pages sur le jugement de condamnation rendu par le tribunal de Paris à l'encontre de la société Chimirec, pour diverses pratiques contraires à la réglementation sur le traitement desdéchets, l'enseignant-chercheur Laurent Neyret n'imaginait pas qu'il allait se retrouver à son tour devant la justice.

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Chez les autres

13 octobre 2017

Contre la censure à l’université, défendre les libertés académiques

Après l'annulation du colloque «Lutter contre l'islamophobie», à Lyon-II, plus de 300 chercheurs et associations s'alarment, dans «Libération», des «intimidations» visant à «interdire la diffusion et la mise en discussion de la recherche».

En mai, des journées d’études intitulées «Penser l’intersectionnalité dans les recherches en éducation», placées sous l’autorité d’un comité scientifique international d’une vingtaine de chercheur-e-s, avaient failli être annulées sous la pression de groupes divers, du Front national au Printemps républicain, qui ont mené une violente campagne de dénigrement et de harcèlement sur les réseaux sociaux.

L’état d’urgence aidant, la menace de trouble à l’ordre public avait été invoquée pour empêcher le déroulement de ces journées. Elles s’étaient finalement tenues à l’ESPE de Créteil (Université Paris Est Créteil), avec succès et sans encombre. Le nombre des participant-e-s, la qualité et la richesse des débats avaient prouvé l’importance d’une telle rencontre et le refus de céder à l’intimidation devant la nécessité de partager ces recherches avec le plus grand nombre. Néanmoins, ces journées d’études avaient été désinscrites du plan de formation continue des enseignant-e-s de l’académie de Créteil.

Dernièrement à l’université de Lyon-II, le colloque «Lutter contre l’islamophobie : un enjeu d’égalité ?» a subi des attaques semblables avec les mêmes relais, du site Fdesouche au Printemps républicain, en passant par le Comité Laïcité République et la Licra. Cependant, cette fois-ci, l’université n’est pas parvenue à défendre les libertés académiques et le colloque a été purement et simplement annulé. Et pourtant, la chaire «égalité, inégalités et discriminations», organisatrice du colloque, existe depuis 2010 et a co-organisé de multiples manifestations mêlant chercheur-e-s et société civile dans un objectif de co-construction des savoirs.

Nous nous inquiétons également de remarquer que, dans un tout autre cadre, la présidence de l’université de Strasbourg ait tenté de contraindre ses personnels à contacter les services de la communication avant toute intervention dans les médias, autre manière de contrôler la liberté d’expression.

Que ses intervenant-e-s appartiennent exclusivement au monde académique, ou bien qu’il s’agisse de croiser les points de vue en faisant dialoguer universitaires, praticien-ne-s et militant-e-s associatif-ve-s, annuler une manifestation scientifique revient tout simplement à interdire le développement, la diffusion et la mise en discussion de la recherche. Appelons les choses par leur nom : ce n’est rien moins qu’une censure, grave et indigne.

Que des recherches suscitent des débats, dans les sphères tant scientifiques que politiques et médiatiques, n’est en rien une raison valable pour empêcher la tenue de colloques sur ces sujets. Le débat fait partie des exigences académiques et démocratiques. Que ces manifestations scientifiques dialoguent avec la société civile, rien de plus normal pour des universités qui se doivent d’être ouvertes sur la Cité. Ne s’agit-il pas d’ailleurs d’un critère mis en valeur par l’agence d’évaluation de la recherche ? Rappelons que l’article L123-9 du code de l’éducation dispose : «A l’égard des enseignants-chercheurs, des enseignants et des chercheurs, les universités et les établissements d’enseignement supérieur doivent assurer les moyens d’exercer leur activité d’enseignement et de recherche dans les conditions d’indépendance et de sérénité indispensables à la réflexion et à la création intellectuelle.»

Nous, universitaires et personnel.le.s de l’enseignement supérieur et de la recherche, appelons la communauté scientifique à se mobiliser contre la censure dans nos établissements et à promouvoir au contraire les libertés académiques, en particulier la liberté d’expression, garantes du débat scientifique et démocratique.

Pour signer ce texte : Défendre les libertés académiques contre l'interdiction d'événements scientifiques à l'Université

Les collectifs et associations signataires :

Association des enseignants et des chercheurs en science politique (AECSP); Association française d’anthropologie et d’ethnologie (AFAE); Association française de sociologie (AFS); Association des historiens modernistes des universités françaises (AHMUF); Association nationale des candidats aux métiers de la Science Politique (ANCMSP); Association de recherche pour le genre en éducation formation (ARGEF); Cercle des enseignant-e-s laïques; Comité national français de géographie (CNFG), Doctorant-e-s mobilisé-e-s, Université Paris 1; Doctorants de l’UMR 6590, Espaces et Sociétés, site de Caen; Efigies; Fédération SUD éducation; Groupe JEDI-Justice, Espace, Discriminations, Inégalités (Labex Futurs Urbains de l’Université Paris-Est); Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux; Laboratoire d’études de genre et de sexualité-LEGS (CNRS, Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis, Université Paris Nanterre); Observatoire universitaire international Education et Prévention (OUIEP) / axe 4 du LIRTES, UPEC; Réseau des géographes libertaires (RGL); Réseau international Education et Diversité (RIED); Revue Mouvements; RT4 de l’Association française de sociologie-sociologie de l’éducation et de la formation; RT24 de l’Association française de sociologie-Genre, Classe, Race. Rapports sociaux et construction de l’altérité; Sciences pop’ Saint Denis-Association d’éducation populaire; Snesup.

12 juillet 2017

La sociologie française face à son déclassement

Attaqués de l’extérieur, les sociologues doivent défendre leur légitimité tout en faisant face à la précarité de la profession. Sans oublier de répondre à une question inconfortable: la sociologie peut-elle survivre à la crise de la social-démocratie?