Excellence dans l'ESR

Et une nouvelle sous-rubrique consacrée aux IDEX... et autres "grands" dispositifs. Patafix et subutex bienvenus ;-)

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Avoir un doctorat, mais pas d'emploi

jeu 18/05/2017 - 13:31

Dans une tribune au « Monde », un collectif regroupant deux cents titulaires du plus haut diplôme français dénonce la précarité à laquelle ils sont voués, faute de postes dans le secteur public, mais aussi dans le privé.

LE MONDE | 18.05.2017 à 11h46 | Par Collectif des docteur.e.s sans poste

Un collectif de 200 titulaires du plus haut diplôme français dénonce la précarité à laquelle ils sont voués, faute de postes dans le secteur public mais aussi dans le privé Si vous vouliez trouver du travail, c'est un BTS qu'il fallait faire, pas une thèse. " Cette phrase a été adressée à l'un d'entre nous par sa conseillère Pôle emploi : elle figure parmi les témoignages collectés sur le site Doc en stock, destiné à rendre visible la précarité subie par des milliers de titulaires d'un doctorat privés d'emploi stable. Selon le Centre d'études et de recherches sur les qualifications (Cereq), le taux de chômage des docteur.e.s avoisine aujourd'hui 10 %. C'est trois fois plus qu'en Allemagne, au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis, qui forment pourtant davantage de docteur.e.s que la France. Nous souffrons surtout de l'incertitude liée à notre situation : une récente note d'information ministérielle souligne que moins d'un.e docteur.e sur deux dispose d'un poste fixe dans les cinq ans suivant sa soutenance de thèse. Si l'enseignement supérieur et la recherche demeurent la " voie royale " aux yeux de beaucoup de docteur.e.s, elle ressemble à un parcours du combattant. Malgré des besoins en hausse dans les universités en raison de l'augmentation du nombre d'étudiant.e.s, les recrutements de titulaires ont baissé de près d'un quart en dix ans. Alors qu'on dénombre dans chaque discipline des dizaines de candidats légitimes pour chaque poste, le manque de transparence des processus de recrutement suscite l'amertume de nombreux postulants : critères de sélection informels, faible durée des auditions, absence d'information ou d'explication des décisions, etc. Pour consolider notre expérience tout en subvenant à nos besoins, nous assumons malgré tout une grande partie des activités académiques. Les mieux lotis décrochent des contrats de recherche (post-doc), dont la durée (d'un mois à trois ans) et les conditions d'emploi sont très variables, et les modalités d'attribution souvent discrétionnaires. Côté enseignement, c'est pire : il faut avoir un travail pour travailler à l'université! Une fois docteur.e.s, nous devons justifier d'un autre employeur pour espérer faire des " vacations " : des cours payés à la tâche avec plusieurs mois de décalage et qui n'ouvrent pas droit à des allocations-chômage. Les universités se délestent ainsi des cotisations sociales, tandis que ces revenus sont imposables. Pour avoir le droit d'exercer notre métier, nous sommes nombreux à occuper en parallèle un emploi " alimentaire " sans rapport avec nos qualifications, ou à créer une microentreprise, paravent gestionnaire qui fait reposer sur nous le poids des charges administratives et fiscales. L'ubérisation de l'université est déjà bien avancée! AtomisationCes situations peuvent durer des années. L'âge moyen du recrutement s'élève à 34 ans, environ cinq ans après la soutenance de thèse (laquelle a souvent déjà pris autant de temps). Durant cette période, nous écrivons gratuitement des articles et participons à des colloques - souvent à nos frais - pour espérer accéder à un poste de titulaire. Ce système ne peut se perpétuer que par la mise en concurrence et l'atomisation des conditions de travail, qui créent de la précarité à tous les niveaux, sous couvert " d'autonomie des universités ". Quant à celles et ceux d'entre nous qui s'orientent vers d'autres secteurs, ils se heurtent à un cruel manque de reconnaissance. Dans la fonction publique, il n'existe pratiquement pas de voies d'accès réservées aux titulaires d'un doctorat. Ce type de recrutement, pourtant encouragé par la loi, se heurte à la frilosité des administrations et des grands corps de l'Etat. A quoi bon disposer d'un diplôme de niveau bac +8 s'il faut encore prendre une année supplémentaire, sans revenu, pour passer des concours auxquels d'autres se préparent en master? Forts de leur goût pour l'enseignement, de nombreux docteur.e.s passent néanmoins le capes ou l'agrégation, mais ce choix suppose de renoncer à la recherche. Le doctorat n'est malheureusement pas mieux reconnu dans le secteur privé. D'après le rapport 2014 sur " l'état de l'emploi scientifique en France " - du ministère de l'enseignement supérieur -, les nombreux postes consacrés à la recherche au sein des entreprises sont majoritairement occupés par des diplômé.e.s d'écoles d'ingénieurs (55 %) ou des titulaires d'un master universitaire (16 %) plutôt que par des docteur.e.s (12 %). Pendant que les entreprises nous négligent, le montant du crédit d'impôt recherche dont elles bénéficient a quintuplé en dix ans, pour atteindre près de 6 milliards. Deux fois le budget total du CNRS. Sans parler du détournement massif par certaines grandes entreprises de cette niche fiscale, censée encourager leurs dépenses de recherche & développement. Autant d'argent et de compétences gâchés. En France, seul un.e docteur.e sur quatre est employé.e dans le secteur privé, contre un.e sur trois aux Etats-Unis. Confrontés à l'absence de débouchés professionnels, nous sommes de plus en plus nombreux à être contraints de nous expatrier. Ce tableau noir, c'est la vie quotidienne de toute une génération de docteur.e.s à l'avenir en suspens, avec tout ce que l'absence de contrat stable implique comme difficultés pour se loger ou pour fonder une famille, à souvent plus de 30 ans. Ces situations ont des causes structurelles, dont nous ne sommes pas les seules victimes : baisse des moyens consacrés aux services publics, dérégulation du marché de l'emploi, multiplication des contrats temporaires sans couverture sociale... L'université subit elle aussi les conséquences des réformes néolibérales qui produisent de la misère et détruisent le lien social. Aujourd'hui, en France, même le diplôme universitaire le plus élevé est un passeport vers la précarité.

Collectif

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/05/18/aujourd-hui-en-france-meme-le-diplome-universitaire-le-plus-eleve-est-un-passeport-vers-la-precarite_5129776_3232.html#QzbzEqPpoJ5i65HT.99 

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16 mai 2017 : diffusion du documentaire "Etudiants, l'avenir à crédit" sur ARTE

jeu 18/05/2017 - 10:46

A bout de souffle

Sous l'effet de la compétition internationale, les universités se transforment en de gigantesques entreprises. Une enquête aussi éclairante qu'inquiétante sur un phénomène émergent en Europe. Compétitivité, marketing ou retour sur investissement sont des termes qui circulent désormais dans les couloirs feutrés des grandes universités. De Shanghai à New York en passant par Paris et Berlin, la transmission des connaissances devient une marchandise, dans le sillage de "l'économie du savoir", une doctrine érigée à la fin des années 1990 par les instances financières internationales – OCDE et Banque mondiale en tête. L'enseignement supérieur, reconnu comme un moteur de productivité et de croissance économique, doit se mettre au service du développement des pays. Victimes de ce nouveau système, les étudiants sont contraints d’investir pour apprendre. Ils s'acquittent de frais d'inscription de plus en plus élevés, et s'appauvrissent avant même d'entrer dans la vie active. Aux États-Unis, la dette étudiante a dépassé le coût du logement et de la santé, menaçant l'économie nationale. Les jeunes Européens suivront-ils la même voie ? Si certains pays d'Europe du Nord résistent à cette commercialisation du savoir, considérant l'éducation comme un acquis social, d'autres s'inspirent de plus en plus du modèle anglo-saxon. En France, les établissements les plus prestigieux, comme Sciences-Po et Paris-Dauphine, se sont déjà engagés sur le chemin du payant. À bout de souffle Étayé par des chiffres effarants, ce documentaire fouillé dresse un état des lieux de la mutation des universités du monde entier. Des États-Unis jusqu'à la Chine, nouvel eldorado de l'enseignement supérieur mondial, le réalisateur pointe les dérives de la marchandisation du savoir en partant à la rencontre d'étudiants étouffés par leurs crédits et terrifiés par l'avenir.

 

GÉNÉRIQUE

Producteur/-trice :Cfrt

Réalisation :Jean-Robert Viallet

Pays :France

Année :2015

Origine :ARTE F

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PEDR - L'ASES invite tous les collègues à déposer une demande

ven 17/02/2017 - 16:11

L’application ELARA consacrée au dépôt des demandes de PEDR est ouverte depuis le 14 février. Elle sera close le 7 mars à 16h. La PEDR est une prime d'encadrement doctoral et de recherche qui peut être demandée par tous les enseignant(e)s-chercheur(e)s titulaires quel que soit leur grade (MCF ou PU) ou leur ancienneté …

Bien qu’elle soit accessible à toutes et tous, certains profils restent très nettement sous-représentés dans les candidatures. En témoigne les données communiquées par la DGRH de l’ESR pour la campagne 2015 (disponible ici ) : « 29% des candidatures sont déposées par des femmes alors qu’elles représentent 37% des enseignants‐chercheurs. Les femmes sont principalement sous‐ représentées parmi les MCF de classe normale (10 points d’écart par rapport à la proportion totale de femmes MCF de classe normale), en particulier en Lettres‐Sciences humaines ». "Plus on avance dans la hiérarchie des PR et moins il y a de candidates à la PEDR. Elles représentent 28% des candidats parmi les PR de 2ème classe, 24% chez les PR de 1ère classe, 17% chez les PR de classe exceptionnelle au 1er échelon et 14% chez les PR de classe exceptionnelle au 2nd échelon. » "En comparaison avec l’ensemble des enseignants‐chercheurs en activité en France en 2015, les candidats à la PEDR sont sous‐représentés parmi les MCF (on dénombre 61% de MCF parmi l’ensemble des enseignants‐chercheurs au niveau national), mais surreprésentés parmi les PR (27%)".

"Rapportés à l’ensemble des enseignants‐chercheurs en activité en France en 2015, les MCF et assimilés (9%) candidatent près de deux fois moins que les PR et assimilés (16%)".

L’ASES encourage l’ensemble des collègues à déposer une demande de candidature à la PEDR. L’association s’est longtemps opposée, aux côtés et au sein du CNU 19, à cette prime individuelle dite d’excellence qui diffuse avec autorité une vision individualiste de la recherche et de l’enseignement dont on sait combien ils sont en réalité fondés sur la coopération et la collégialité entre pairs. Mais force est de constater qu’aujourd’hui, sa mise en place contribue à creuser les inégalités de rémunération et de conditions de travail au sein de la communauté. Pour lutter contre cette montée en puissance des écarts, il faut à présent lutter contre les effets d’autocensure qui contraignent les « évaluateurs » à ne retenir et ne consacrer que les dossiers déjà les plus « autorisés » et les plus distingués par ailleurs.

Nous invitons l’ensemble des collègues à faire exister, par leur acte de candidature, la diversité des modes d’exercice de notre métier dans nos universités et nos établissements.

Vous trouverez sur le site de l'ASES le rapport d’activité du CNU 19 consacrée (entre autres choses) à la PEDR. Nous vous invitons également à consulter la page Galaxie consacrée à la PEDR, page sur laquelle vous trouverez également les critères affichés par les différents établissements de l’ESR pour les procédures d’attribution : https://www.galaxie.enseignementsup-recherche.gouv.fr/ensup/cnu_PEDR.htm

 

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