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L'ANCMSP s'oppose au "Plan étudiants"

dim 03/12/2017 - 20:40

Le projet de loi présenté par le gouvernement, sous couvert d’un argument technique pour l’orientation des étudiant·e·s, constitue en réalité la première étape d’un projet de transformation radicale du système d’enseignement supérieur français, auquel l’ANCMSP s’oppose.

La réforme des conditions d’entrée à l’université pour la rentrée 2018 initiée depuis cet été par le gouvernement vise officiellement à lutter contre « le taux d’échec de 60% en licence » [1] et à « accompagner chacun vers la réussite ». À cette fin sont définis des pré-requis nationaux qui serviront de critères pour sélectionner les étudiant·e·s à l’entrée des filières. Autrement dit : plutôt que de motiver une politique ambitieuse d’accompagnement des étudiant·e·s les plus en difficulté, au nom de la démocratisation de l’enseignement supérieur, la question du « niveau » des étudiant·e·s est prise à l’envers afin de justifier leur relégation à l’extérieur ou aux confins d’une Université toujours plus détournée de  ses missions.

Ces dispositifs ne manqueront pas en effet d’aggraver les logiques de sélection par l’origine sociale qui conditionnent d’ores et déjà l’accès et les chances de réussite dans l’enseignement supérieur [2]. Cette réforme va accentuer la dualité inégalitaire du système d’enseignement supérieur français, entre les filières qui sont destinées aux étudiant·e·s les plus favorisé·e·s, qui bénéficient le plus des dépenses d’éducation, et qu’il n’est pas prévu de réformer ; et les filières qui resteront « à la portée » des élèves les moins dotés socialement, déjà sous-financées [3]. En tant qu'association défendant les intérêts des candidat·e·s aux métiers de la science politique --- “candidats” (parce que “non-permanents”) mais néanmoins enseignant·e et/ou chercheur·e --- , nous ne voulons pas d'un système universitaire qui contribue à durcir  des frontières sociales déjà si étanches.

Le faux problème du « scandale du tirage au sort » dissimule le vrai problème de la stagnation des dotations publiques accordées aux universités malgré l’augmentation constante des effectifs étudiants. Restreindre l’accès à l’enseignement universitaire permet au gouvernement de masquer les difficultés financières des établissements et leurs conséquences : sous-dotation en enseignant·e·s-chercheur·e·s, manque des personnels techniques et administratifs, précarisation de ces personnels et dégradation générale des conditions d’emploi, de travail et d’étude.

Nous sommes enfin interdits devant la manière dont se structure la réponse de l’Université à cette proposition de loi. Avant même qu’elles soient mises en débat et votées, ces nouvelles procédures ont été rapidement expliquées à des instances éparses pourtant sommées de réagir dans l’urgence. Il en résulte des discussions éclatées et prises sur la base d’informations parcellaires et divergentes. En science politique, ces « attendus » ou « pré-requis » ont été établis sans concertation publique par la conférence des doyens de droit et de science politique, à laquelle nous ne reconnaissons pas de légitimité à orienter seule une politique nationale pour la science politique.

En somme, l'ANCMSP soutient et se joint aux mobilisations qui s'opposeront à l'introduction de la sélection à l'université. L’importance sociale d’un système universitaire ouvert doit appeler notre discipline à se mobiliser pour que celui-ci reçoivent les investissements indispensables à ce que chaque bachelier·ère puisse construire son avenir le plus librement possible, avoir accès à la filière qui lui sied (à l’université ou non) et bénéficier des ressources requises pour mener à bien ses projets.

 

 

 

 

[1] Un chiffre qui cache des réalités bien plus complexes -- : http://www.lemonde.fr/campus/article/2017/11/21/41-6-des-bacheliers-reussissent-leur-premiere-annee-de-licence_5218170_4401467.html

[2] https://www.inegalites.fr/Les-milieux-populaires-largement-sous-representes-dans-l-enseignement-superieur?id_theme=17

[3] 15110€ / an pour les élèves en CPGE, 10210€ / an pour les étudiant·es de la fac

http://cache.media.education.gouv.fr/file/etat27-2017/41/4/DEPP-EE-2017-etat-ecole-2017_844414.pdf

[4]  En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/campus/article/2017/04/11/enseignement-superieur-350-000-etudiants-de-plus-d-ici-a-2025_5109537_4401467.html#HFjbmbojogrDRTc6.99

 

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ANCMSP - Association nationale des candidat-e-s aux métiers de la science politique

 

Créée en 1996, l'ANCMSP a vocation à collecter et diffuser toute information et toute opinion relatives aux recrutements universitaires et extra-universitaires, à la politique nationale de la recherche et à l’actualité scientifique, dans le domaine de la science politique et dans les disciplines proches - sociologie, histoire, etc.

 

Site Internet : http://ancmsp.com/

Contacter le bureau : bureau@ancmsp.com

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Primes à l'université - communiqué de l'ASES

dim 12/11/2017 - 15:11

L'ASES a pris connaissance de différentes initiatives locales des présidences d'universités en matière de rémunération des enseignants-chercheurs parmi lesquelles :

-ce courrier, pour le moins étonnant, émanant de la présidence de Paris 13 assurant que les collègues titulaires seront bien rémunérés pour le mois de décembre.
-la mise en place d'un régime de primes à l'université de Strasbourg (dans un contexte de gel du point d'indice et d'augmentation non compensée de la CSG dans la fonction publique à partir de janvier 2018) qui fait l'objet d'une contestation locale : http://alternative2017.eu/index.php/2017/11/07/a-qui-profitera-la-nouvelle-prime-de-luniversite-de-strasbourg/
 
L'ASES réaffirme son attachement au principe selon lequel les enseignants-chercheurs sont des fonctionnaires dont le traitement est déterminé par leur grade dont ils sont les titulaires. C'est bien ce rattachement au statut de la fonction publique qui leur permet de se dévouer librement dans leurs missions.
 
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Journée "Précarité enseignement supérieur"

dim 22/10/2017 - 23:14

Bonjour à tou-te-s,

Nous avons le plaisir de vous inviter à la journée de l'ASES 

le samedi 2 décembre prochain

 de 9h30 à 16h à l’ENS Jourdan à Paris. 

La journée sera divisée en deux moments : une matinée consacrée à la précarité dans l'ESR et un après-midi dédié à une dialogue avec le collectif des youtubeurs Osons Causer autour de la diffusion sur internet de connaissances sociologiques.

Cette journée s'inscrit dans la continuité des autres initiatives menées au cours des dernières années sur le thème de la précarité et des recrutements, et des derniers Etats généraux de l'AFS. 

Elle est organisée en collaboration avec l'AFS et l'ANCMSP.

 

En attendant de faire circuler le programme définitif voici un pré-programme:

9h30 : Accueil des participants et présentation de la journée

10h-10h30 : Charles Soulié “Retour sur un demi-siècle d’histoire universitaire : à propos de quelques tendances lourdes de l’université française”

10h30-11h : retour historique sur les enquêtes menées sur la précarité

11h-12h : Présentation du prochain numéro de Socio-Logos et bilan des recrutements en SHS

12h-13h : Revendications à mener et échange avec la salle

13h-14H : Repas participatif

14h-16h : Diffusion sur internet des connaissances sociologiques et de la critique sociale : échanges avec le collectif Osons Causer

 

En espérant vous y voir nombreux, pour l'instant à vos agendas !

Le CA de l'ASES

journée ases précarité

 

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Communiqué interassociatif ASES-AFS-AECSP-ANCMSP sur les libertés académiques

ven 13/10/2017 - 12:00

Communiqué interassociatif ASES-AFS-AECSP-ANCMSP sur les libertés académiques

 

En tant qu'associations professionnelles, l'Association des sociologues de l'enseignement supérieur (ASES), l'Association française de sociologie (AFS), l’Association des enseignants et chercheurs en science politique (AECSP) et l’Association nationale des candidats aux métiers de la science politique (ANCMSP) s'inquiètent des récentes attaques à l'encontre des libertés académiques : annulations ou tentatives d'annulation de journées d'études ou colloques, obligation de soumettre ses interventions publiques au « service de la communication » de l’université (la procédure a été suspendue suite à une rapide mobilisation de syndicats et d’élu-e-s dans les conseils centraux), suppression des fonds pour certaines thématiques, etc.

Ces attaques récentes font suite à des entreprises de décrédibilisation de nos disciplines : par exemple, "culture de l'excuse" et "sociologisme" au sujet de la sociologie sont autant de formules qui témoignent des attaques qui vont bon train contre les disciplines relevant principalement, mais pas seulement, des sciences humaines et sociales.

Au regard des faits récents dont nous avons eu connaissance dans plusieurs universités (Strasbourg, UPEC et Lyon 2), ces attaques nous semblent prendre maintenant une tournure particulièrement inquiétante et ayant un impact direct sur le travail de nos collègues, soumis à des pratiques de contrôle croissantes allant à l'encontre des libertés académiques. Cette liberté académique renvoie à l'essence même de l'université et de la recherche comme institutions "autonomes" : des espaces de controverses à l'écart des enjeux politiques et marchands, et dont les objectifs sont d’abord analytiques.

L’ASES, l’AFS, l’AECSP et l’ANCSMP tiennent à rappeler que les concepts élaborés et discutés, débattus, parfois avec âpreté, dans ces disciplines (par exemple : classe, race, genre, reproduction sociale, institutions...) sont des outils scientifiques de décryptage, d'analyse et de réflexions sur nos sociétés. Qu'ils aient pour certains une charge critique est indéniable, mais ce sont avant tout les publications, les communications et les rencontres scientifiques qui constituent les arènes de débats et de controverses légitimes et régulées, notamment par des normes académiques partagées.

 

Nos associations expriment leur indignation et leur inquiétude face aux tentatives réitérées de contrôle des libertés académiques.

 

 

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